Dimanche 15 Septembre, 2019

Brexit: May retourne à Bruxelles, l'Espagne menace de faire capoter le sommet

La dirigeante britannique Theresa May retourne samedi soir à Bruxelles pour d'ultimes "réglages" avant un sommet crucial sur le Brexit censé sceller un accord historique, mais que Madrid menace de faire capoter faute de "garanties" sur l'avenir de Gibraltar.

Les exigences espagnoles sont le dernier obstacle à l'approbation unanime d'un accord par les dirigeants européens, les négociateurs ayant réussi à finaliser un "traité de retrait" du Royaume-Uni puis une "déclaration politique" ébauchant ses futures relations avec l'UE.

Madrid exige d'obtenir noir sur blanc un droit de veto sur toute négociation future concernant l'avenir de Gibraltar, une enclave britannique située dans le sud de l'Espagne, qui en revendique la souveraineté.

Le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes Luis Marco Aguiriano, venu à Bruxelles vendredi, a réclamé un engagement "écrit" de Londres avant le sommet.

"Ce qui est prévu formellement, c'est une approbation à la majorité qualifiée" des pays restant dans l'UE, a dit à l'AFP l'ancien directeur général des services juridiques du Conseil de l'UE, Jean-Claude Piris, désormais consultant. Donc "qu'ils soient d'accord ou pas dimanche, ça ne change rien sur un plan juridique", a-t-il ajouté.

L'un des autres points qui continuaient à poser problème ces derniers jours, celui des futurs droits de pêche des Européens dans les eaux territoriales britanniques, a "été résolu", a indiqué une source diplomatique à l'issue d'une réunion à haut niveau de représentants des dirigeants européens vendredi à Bruxelles.

"Les choses avancent, on voit de la lumière au bout du tunnel", a estimé une autre source diplomatique.

La visite samedi soir de Mme May, cible d'une fronde dans son propre camp où certains l'accusent d'avoir fait trop de concessions à l'UE, ne vise pas à mener d'ultimes tractations sur les textes, finalisés au terme de 17 mois de négociations tendues.

L'UE et le Royaume-Uni ont en effet réussi à se mettre d'accord jeudi sur la "déclaration politique" qui fixe le cadre de leurs relations post-Brexit, notamment sur le plan commercial.

Ce texte règle notamment la question de la facture que devra payer Londres à l'UE, sans la chiffrer, et prévoit une solution controversée pour éviter en dernier recours le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Si le sommet a bien lieu et que les dirigeants des 27 et Theresa May parviennent à entériner un accord global, tout ne sera pas terminé pour autant: l'accord de divorce devra encore être ratifié par le Parlement européen et surtout britannique avant le 29 mars 2019, date prévue du départ du Royaume-Uni.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :