Vendredi 19 Juillet, 2019

Brésil: Lula reste en prison, malgré un nouveau rebondissement judiciaire

Une affiche représentant l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2018) sur une barrière devant la Cour suprême à Brasilia, au Brésil, le 19 décembre 2018

Une affiche représentant l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva (2003-2018) sur une barrière devant la Cour suprême à Brasilia, au Brésil, le 19 décembre 2018

L'ex-président Lula a entrevu l'espoir de sortir de prison durant quelques heures mercredi, mais le président de la Cour suprême a fait déchanter les partisans de l'icône de la gauche en suspendant la décision d'un confrère.

De quoi déclencher un vif tollé, à 13 jours seulement de l'investiture du président élu d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui avait manifesté durant la campagne son désir de voir Lula "pourrir en prison".

Quelques minutes plus tard, les avocats de Lula s'étaient empressés de déposer une requête pour que l'ex-président (2003-2010) soit libéré immédiatement.

- "Consécration de l'impunité" -

Il s'est également élevé contre l'instabilité juridique que suscitent ce genre de décisions intempestives.

Déclenchée en 2014 au Brésil, l'opération "Lavage Express" a dévoilé un énorme réseau de corruption monté par les groupes brésiliens du bâtiment.

Il a ensuite été incarcéré en avril, la Cour suprême ayant décidé par un vote très serré (six contre cinq) que la peine devait être appliquée dès la condamnation en deuxième instance, même si d'autres recours restaient en suspens.

En 2016, les 11 juges de la Cour suprême avaient rendu un jugement qui fait depuis jurisprudence: la peine doit être purgée dès le rejet d'un premier appel.

- "Marginaux rouges" -

Accusé d'avoir reçu un appartement en bord de mer de la part d'un groupe de BTP en échange de faveurs dans l'obtention de marchés publics, l'ex-président a toujours clamé son innocence.

L'icône de la gauche, qui a quitté le pouvoir avec une cote de popularité record en 2010, se dit victime d'un complot ayant visé à l'empêcher de briguer un troisième mandat à la présidentielle d'octobre dernier, dont il était considéré comme le favori.

Il a battu au second tour Fernando Haddad, désigné par le PT pour remplacer Lula après que ce dernier eut été déclaré inéligible.

Une fois élu, il a décidé de nommer ministre de la Justice Sergio Moro, juge anticorruption emblématique dont le principal fait d'armes est justement d'avoir condamné l'ex-président de gauche en première instance.

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