Dimanche 18 Novembre, 2018

Brésil: Lula abandonne la course présidentielle et adoube son remplaçant

Manuela D'Avila, du Parti communiste du Brésil (PCdoB), nouvelle colistière du candidat à la présidentielle Fernando Haddad, ancien colistier de Lula, le 7 août 2018 à Sao Paulo, au Brésil

Manuela D'Avila, du Parti communiste du Brésil (PCdoB), nouvelle colistière du candidat à la présidentielle Fernando Haddad, ancien colistier de Lula, le 7 août 2018 à Sao Paulo, au Brésil

Lula a finalement jeté l'éponge: incarcéré pour corruption et déclaré inéligible d'un scrutin dont il était favori, l'ex-président a renoncé mardi à être candidat à la présidentielle au Brésil et a passé le témoin à son colistier Fernando Haddad.

"C'est le moment de sortir dans la rue la tête haute et de gagner cette élection", a lancé par la suite M. Haddad, 55 ans, qui a rendu visite à son mentor plusieurs heures lundi et mardi, et a été acclamé aux cris de "Brésil, urgent, Haddad président!"

Fernando Haddad aura pour colistière Manuela D'Avila, du Parti communiste du Brésil (PCdoB), âgée de seulement 37 ans.

Dans sa lettre, l'ex-ouvrier métallurgiste de 72 ans a estimé qu'il avait été contraint "de prendre cette décision (de renoncer à sa candidature) dans un délai imposé de façon arbitraire".

L'ex-président (2003-2010), qui purge depuis avril une peine de 12 ans et un mois pour corruption passive et blanchiment d'argent, a été déclaré inéligible en vertu d'une loi qui interdit à toute personne condamnée en deuxième instance de se présenter.

La défense de Lula et le PT ont déposé tous les recours possibles pour ne pas à en arriver à ce choix douloureux.

Le jusqu'au-boutisme de Lula a été critiqué par certains militants du PT, qui auraient préféré que Fernando Haddad ait plus de temps.

Il n'a participé à aucun des débats entre les présidentiables et son nom reste encore largement inconnu en dehors de la métropole de Sao Paulo.

"Mais il est porté par un parti puissant et soutenu par Lula, qui reste le leader le plus populaire du pays", a-t-il souligné.

Il reste toutefois très loin du candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro, largement en tête avec 24% après avoir été poignardé en faisant campagne jeudi.

- Les marchés inquiets -

Ce qu'il a toujours nié farouchement, évoquant un complot politique destiné à l'empêcher de se représenter.

"Pour les marchés, c'est une situation délicate, parce que rien n'est défini, ce qui entame la confiance des investisseurs. (...) Cette situation devrait perdurer jusqu'au verdict des urnes", considère Harold Tao, du cabinet de courtiers Walpires.