Jeudi 26 Avril, 2018

Brésil : Gloriane Aimable, cette haïtienne qui a conquis l’Amazonie

Gloriane Aimable, A critica

Gloriane Aimable, A critica

Elle s’appelle Gloriane Aimable. Âgée de 35 ans, elle a laissé son pays, Haïti, pour se rendre au Brésil après avoir tout perdu lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui a dévasté le pays, notamment Port-au-Prince et ses environs.

Arrivée au Brésil, Gloriane s’est défendue bec et ongles face aux préjugés. Elle a travaillé ardemment pour combler les lacunes laissées par les problèmes sociaux et économiques dans sa vie et celle de sa famille après le séisme. Aujourd’hui, elle est propriétaire du restaurant, les Délices de Gloriane (Guloseimas da Gloriane), qui jouit d’une forte popularité à Manaus, la capitale du vaste État de l'Amazonas au Brésil.

C’est cette femme au grand courage qu’A Crítica, un journal brésilien de l’Amazonie, présente comme une grande conquérante dans une longue interview publiée au début du mois de mars. « Une Haïtienne a surmonté beaucoup de préjugés pour tout conquérir à Manaus [capitale de l’État Amazonas, NDLR] », a-t-on écrit au sujet de la migrante haïtienne.

Selon le journal, Gloriane a décidé de commencer à travailler en tant que femme de chambre dès son arrivée à Manaus, il y a cinq ans de cela. Étonnant, pour quelqu’un qui a travaillé comme bibliothécaire et enseignante lorsqu’elle était dans son pays.

Par la suite, Gloriane allait ouvrir son propre restaurant qui lui rapporte de quoi vivre mieux avec sa famille aujourd’hui. Cependant, cet objectif a été réalisé pendant qu'elle subissait le racisme, la xénophobie et le machisme. « Elle rapporte que si ce n'était sa foi en Dieu, elle n'aurait pas été capable de faire face au racisme, à la xénophobie et au machisme », peut-on lire dans cette interview.

« Les gens me regardaient et me demandaient si j'étais une Haïtienne. Ils m'ont regardé avec un visage hideux. Ils avaient peur d'acheter de la nourriture. Ils ont ouvert le polystyrène pour sentir la nourriture », détaille celle qui se dit « être fière d’être une femme noire » durant l’interview.