Jeudi 2 Juillet, 2020

Boxe: Trump réhabilite un champion du monde noir victime de racisme

Le président américain Donald Trump a réhabilité jeudi à titre posthume Jack Johnson, premier Noir sacré champion du monde de boxe poids lourd en 1908, avant d'être condamné à la prison pour des motifs racistes.

Jack Johnson, surnommé "le géant de Galveston", ville du Texas où il est né le 31 mars 1878, était "un véritable grand combattant", a déclaré M. Trump lors d'une cérémonie dans le bureau ovale.

Il était entouré de l'acteur Sylvester Stallone, qui a incarné le célèbre boxeur "Rocky", l'actuel champion du monde des lourds WBC Deontay Wilder et l'ancien champion britannique Lennox Lewis.

Johnson, condamné à de la prison en 1913 pour avoir eu des relations avec une femme blanche, a été victime de "ce que beaucoup ont considéré être une injustice motivée par le racisme" alors que le pays vivait "une période d'énormes tensions raciales", a ajouté M. Trump.

Jack Johnson est l'un des plus grands boxeurs américains avec un palmarès de 78 victoires, dont 45 par KO, pour 8 défaites et 12 nuls. Mais il est entré dans l'histoire en devenant le premier Noir à décrocher la ceinture de champion du monde dans la catégorie reine après sa victoire contre le Canadien Tommy Burns, le 26 décembre 1908 à Sydney (Australie).

Il a défendu neuf fois son titre, dont un combat notable remporté en 1910 contre James J. Jeffries, un ancien champion blanc sorti de sa retraite.

Mais il est victime du racisme dans un pays marqué par les lois sur la ségrégation. En 1913, Johnson, qui entretient des relations avec une Blanche, est condamné, en vertu d'un loi contre le trafic d'êtres humains et la prostitution (Mann Act), au terme d'une procédure aujourd'hui considérée comme raciste. Il part en Europe pour échapper à la sentence mais revient en 1920 et passe un an derrière les barreaux.

C'est cette condamnation que Donald Trump a effacé jeudi.

Johnson est mort en 1946, à l'age de 68 ans, dans un accident de voiture.

En 2009, le sénateur John McCain et le représentant Peter King, deux républicains, avaient présenté un projet de loi devant le Congrès, en espérant que Barack Obama fasse de cette réhabilitation "un moment historique".

Mais le premier président noir des Etats-Unis avait laissé passer l'occasion.

"Cela a déçu beaucoup de monde", a lancé le milliardaire républicain, qui a été plusieurs fois accusé de racisme pour des remarques controversées sur les immigrés ou sa réticence à condamner des actes xénophobes.

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