Dimanche 12 Juillet, 2020

Bolsonaro élu, plongée dans l'inconnue pour le Brésil

Bolsonaro élu, plongée dans l'inconnue pour le Brésil

Bolsonaro élu, plongée dans l'inconnue pour le Brésil

La jeune démocratie brésilienne a basculé dans l'inconnu lundi avec son premier président d'extrême droite plus de 30 ans après la fin de la dictature, Jair Bolsonaro, qui commençait à préparer la transition vers un régime de rupture.

Ses premiers discours -- trois au soir de son élection -- dans lesquels il n'a pas eu un mot pour son adversaire de gauche Fernando Haddad, augurent d'un virage radical. Il va s'agir d'une rupture par rapport à tout ce qui a été fait par le Parti de travailleurs (PT) qui avait remporté les quatre dernières présidentielles et est jugé responsable des maux du Brésil.

Bolsonaro va succéder, pour quatre ans, au conservateur Michel Temer, qui se retire sur un taux d'impopularité historique et va lui laisser un pays miné par la violence, le chômage et la corruption, et en plein doute.

Depuis l'attentat ayant failli lui coûter la vie le 6 septembre, Bolsonaro, qui a subi des perforations de l'intestin, porte une poche de stomie, limite les sorties de son domicile et fuit la foule.

Les marchés vont suivre de près la direction que prendra la huitième économie mondiale sous la baguette d'un président qui avoue sa totale incompétence en la matière.

Ce "Chicago boy" -tenant de l'école de pensée née à Chicago prônant une vision libérale de l'économie- "devra remettre l'économie en mouvement le plus rapidement possible, car il n'aura une marge que de six mois, ou un an", dit M. Leandro Gabiati, directeur du cabinet de consultants Dominium, à Brasila.

Bolsonaro, qui n'a fait voter que deux lois en 27 ans de députation, arrive à la tête d'un pays de 208 millions d'habitants sans aucune expérience du pouvoir, comme ses futurs ministres.

Dans sa ligne de mire, pêle-mêle: les Noirs, les femmes, les membres de la communauté LGBT, mais aussi les militants de gauche, les Indiens, les membres du mouvement paysan des sans-terre (MST) et d'ONG, les défenseurs de l'environnement et les journalistes.

- "Consolider la démocratie " -

A Rome, Matteo Salvini, patron de l'extrême droite italienne et homme fort du gouvernement, s'est félicité qu'"au Brésil aussi les citoyens ont chassé la gauche!". Steeve Bannon, ex-conseiller de la Maison blanche, s'est réjoui de l'arrivée au pouvoir d'un "leader populiste nationaliste".

Bolsonaro aura-t-il les moyens de mettre en oeuvre sa politique? C'est une autre grande inconnue. "Il sera face au Congrès le plus fragmenté de l'Histoire", relève M. Estrada.

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