Mercredi 21 Août, 2019

Birmanie: deux journalistes de Reuters condamnés à sept ans de prison

La police birmane emmène les deux journalistes de Reuters après leur condamnation à sept ans de prison pour atteinte au secret d'Etat, sous les yeux de la presse, à Rangoun le 3 septembre 2018

La police birmane emmène les deux journalistes de Reuters après leur condamnation à sept ans de prison pour atteinte au secret d'Etat, sous les yeux de la presse, à Rangoun le 3 septembre 2018

Deux reporters de Reuters accusés d’"atteinte au secret d’Etat" pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l’armée en Birmanie ont été condamnés lundi à sept ans de prison, au terme d'un procès qui a entaché un peu plus l'image de la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi.

"Nous continuons à demander leur libération", a réagi Knut Ostby, le représentant de l'ONU en Birmanie, peu après l'énoncé du verdict.

"Le gouvernement peut bien nous emprisonner... mais ne fermez pas les yeux et les oreilles du peuple", a lancé Kyaw Soe Oo à la foule de journalistes présents devant le tribunal, avant d'être poussé à bord d'un fourgon, en direction de la prison. Sa femme s'était effondrée en larmes à l'énoncé du verdict.

Outre celle de l'ONU, les réactions internationales ne se sont pas fait attendre.

"Ces deux journalistes courageux ont réuni des preuves que l'armée avait commis des crimes de masse contre des civils rohingyas", que "les autorités birmanes ont tenté de couvrir", a critiqué notamment l'ONG Fortify Rights.

Ils enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane dans le village de Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée a reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs rohingya le 2 septembre 2017, et sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour ce massacre.

Ce verdict intervient dans un contexte de grande tension entre la Birmanie et la communauté internationale: lundi dernier, des enquêteurs de l'ONU ont publié un rapport évoquant un "génocide" des Rohingyas et accusant directement l'armée, mais aussi le silence d'Aung San Suu Kyi, à la tête du gouvernement civil depuis 2016.

Samedi, à Rangoun, une centaine de manifestants ont réclamé la libération des deux reporters, au nom de la liberté de la presse.

Le verdict était suivi de près par la communauté internationale, qui avait multiplié les appels à libérer les deux reporters, de Bruxelles à Washington.

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