Jeudi 13 Décembre, 2018

Bientôt une carte d’assurance santé pour chaque Haïtien ?

Photo crédit: Zenithinsurance

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En conférence de presse, mardi, la Commission présidentielle de Réforme du système de Santé  et des Services hospitaliers présidée par le Docteur Gérard Blot, a présenté ce qui, selon lui, va soulager la situation des milliers de familles en difficulté dans le pays : « une couverture universelle de santé, basée sur une carte d’assurance pour chaque haïtien ».

En Haiti, on dit que les maladies ne klaxonnent pas. Quand elles arrivent, aucune famille n’est épargnée et les difficultés auxquelles les ménages font face en cas de maladies sont nombreuses. Ce serait pour contrer ces maux de têtes que le Président Jovenel Moise a mis sur pieds la commission présidentielle de réforme de la santé et des systèmes hospitaliers - l’énième de toute une série -, installée le 24 juillet 2017.

En conférence de presse, mardi 6 février, six membres de ladite structure présidée par le Docteur Gérard Blot, ont présenté ce qui, selon eux, va soulager la situation des milliers de familles en difficulté dans le pays : « une couverture universelle de santé, basée sur une carte d’assurance pour chaque haïtien ». « Des soins de qualité », c’est ce que recherchent toutes les familles. Mais on ne peut y avoir accès sans argent, reconnait le président de la commission.

Selon lui, cette carte d’assurance permettra à chaque haïtien de pouvoir aller dans une compagnie d’assurance ou une mutuelle, publique ou privée, qui leur donnera accès à tous les médecins et hôpitaux accrédités, ce, quel que soit leur niveau [économique] ».

Voici comment bénéficier de cette nouvelle mesure, suivant que vous soyez salariés ou chômeurs :

Pour ceux qui travaillent, c’est à partir d’un prélèvement sur leur salaire qu’ils paieront la prime d’assurance, chaque mois, à leur compagnie de service. Si la personne travaille avec elle-même, - l’on suppose ici que les commissaires font référence aux entrepreneurs -, elle ira payer elle-même. Ou elle pourra se joindre en association avec d'autres intéressés. Ce sera à ce moment à l’association d’effectuer le paiement pour ses membres, dit le Dr. Blot.

Pour ceux qui ne travaillent pas, « ils pourront toujours avoir accès à cette carte d’assurance, mais cette fois-ci c’est l’Etat qui paiera pour eux tous les mois à partir d’un fonds d’assistance sociale qui sera alimenté par des taxes prélevées sur des facteurs créateurs de maladies tels que l’alcool, le tabac… ».

Avec cette carte, les haïtiens pourront dorénavant effacer un premier souci qui est celui lié à l’argent nécessaire pour avoir accès aux soins de santé de qualité dans le pays, rassure le commissaire.

Mais ne vous réjouissez pas trop tôt. Cette couverture ne va pas être opérationnelle tout-de-suite. Un tel système, fait savoir le président de la commission, nécessite beaucoup de réformes dont une autonomisation des hôpitaux, la régulation de ressources humaines du secteur de la santé, la mise en marche des ordres de professionnels dans le domaine etc.

Cela exigera aussi de nouvelles institutions devant contrôler les produits que nous consommons et utilisons en Haiti. Ce qui requiert également de nouvelles lois sur le fonctionnement du système médical. Et pour finir, l’identification de chaque haïtien avec un numéro permettant de suivre son dossier quel que soit sa localisation dans le pays est nécessaire.

Le président de la République, Jovenel Moise, a créé depuis son accession au pouvoir, près d’une dizaine de commissions, chacune censée renforcer le secteur auquel elle est attachée. Parmi elles, l’on se rappelle entre autres la commission nationale pour l’innovation et l’insertion socioprofessionnelle des jeunes, la commission nationale pour la restructuration des médias d’Etats, la commission responsable de la restructuration du secteur des transports en communs en Haiti, mais aussi de la commission pour la réforme de la santé et du système hospitalier, installée le 24 juillet 2017.

Cette dernière (de la santé) a pour tâche de faire le diagnostic général du système sanitaire et produire des recommandations durant son mandant de 12 mois et les soumettre à l'exécutif pour créer un nouveau système de santé accessible à toutes les familles, sans que ces dernières ne soient obligées de se voir dépouillées de leur avoir », a dit Dr. Blot.

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