Dimanche 27 Septembre, 2020

Beyoncé lookée par un designer haïtien dans son film "Black is King"

Beyoncé lookée par Venny Etienne dans Black is King/ Collage: Venny Etienne

Beyoncé lookée par Venny Etienne dans Black is King/ Collage: Venny Etienne

Le dernier film de Beyoncé est un kaléidoscope de la culture noire, de la mère Afrique au Bassin de la Caraïbe, l’excellence nègre est patente.

En 2015, le designer d’origine haïtienne, Venny Etienne, a nourri un rêve d'apparence farfelue : « Beyoncé portera une de mes pièces en 2020 ». Une pensée prémonitoire, énième idée d’un créateur qui attend son heure de gloire.

Mais il arrive que les pensées les plus oniriques se matérialisent comme elles ont façonné nos têtes. Il semblerait même que les forces naturelles s’en incrustent, et les convertissent au moment opportun.

En juillet 2020, Beyoncé s’est, effectivement, revêtue d’une robe de la collection LEVENITY, dirigée par monsieur Etienne, dans le cadre du projet Black is King.

« Je n'avais aucune idée à ce moment-là, mais je savais que je voulais que ça arrive », a écrit le designer sur Facebook.

« Quatre jours, 65 heures »

Travailler pour Beyoncé n’est pas chose facile, le designer et son équipe ont déversé plus de 65 heures d’horloge, quatre jours pour mettre le paquet.  

En entrevue à BBC, en Angleterre, la semaine dernière, Monsieur Etienne affirmait que cette robe symbolise deux choses, à ses yeux: « grâce et force ».

« Black is King est excellent projet, et je suis fier d’y prendre part », a déclaré Etienne.

Etienne n’est pas à sa première, il a déjà habillé des stars comme Cardi B., Niecy Nash. Il était parmi les sept derniers concurrents de Project Runway, en 2019, un show télévisé sur Bravo qui visait à récompenser le meilleur designer américain de l’année.

Etienne a fréquenté le Fashion Institute of Technology de New York et a ensuite été transféré au Wade College de Dallas.

Promotion de la tradition africaine

« Avec cet album visuel, je voulais présenter des éléments de l'histoire des Noirs et de la tradition africaine, avec une touche moderne et un message universel, et ce que cela signifie vraiment de trouver votre identité et de construire un héritage », a posté, Queen Bey, sur Isntagram.

Le projet de Bey a, toutefois, essuyé quelques critiques de jeunes féministes africaines-américaines qui dénoncent une romanisation de l’Afrique, une esthétique précoloniale, entre autres.

« Je suis lassée de ces tropismes et symboliques répétés à l’envi qui homogénéisent et essentialisent les cultures africaines dans le seul but de promouvoir le capitalisme noir », a tweeté Jade Bentil, une étudiante en 'black feminism' à l’université d’Oxford d’origine ghanéo-nigériane.

Pour Etienne, c’est l’occasion de viser plus loin, fait-il savoir à la plateforme Central Track.  

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