Mardi 20 Août, 2019

Aux Etats-Unis, des enseignants formés pour pouvoir être armés à l'école

Katie, institutrice dans le Colorado, suit une formation aux armes à feu le 28 juin 2018 à Commerce City

Katie, institutrice dans le Colorado, suit une formation aux armes à feu le 28 juin 2018 à Commerce City

Il y a quelques mois, Donald Trump provoquait colère et stupéfaction en proposant d'armer des enseignants pour riposter à d'éventuels tireurs dans les écoles. Or des formations existent déjà pour eux depuis des années, notamment dans le Colorado.

Soixante-trois ont suivi cet entraînement dans l'Etat du Colorado, où s'est déroulée la tuerie de Columbine en 1999 (13 morts).

"Ils voient juste l'aspect négatif, pas le côté positif des armes qui peuvent sauver des gens", dit à l'AFP la jeune femme de 27 ans qui suit une formation de trois jours, pour 1.000 dollars, à Commerce City (nord-est de Denver).

Selon Everytown for Gun Safety, un groupe cherchant à limiter l'usage des armes à feu, une fusillade a lieu chaque semaine en moyenne dans une école aux Etats-Unis.

Avec la fréquence des fusillades et la paralysie du Congrès, FASTER dit avoir vu ses affaires croître, et ce avant même que le président ne propose d'armer les enseignants dans la foulée d'un massacre perpétré le jour de la Saint-Valentin, en Floride.

La semaine passée, vingt-quatre employés d'écoles du Colorado --notamment des proviseurs, enseignants ou prêtres-- ont suivi une formation de trois jours, menée par quatre policiers en exercice. Ils apprennent à manier une arme, à tirer et à réagir en cas d'irruption d'un tireur.

Mais beaucoup de participants espèrent que leurs nouvelles compétences inciteront les autorités à changer d'avis.

A Columbine, il n'a fallu que sept minutes et trente secondes à deux adolescents pour commettre un massacre dans la bibliothèque, se souvient Evan Todd.

Un avis qui est loin de faire l'unanimité.

"Je comprends que ça puisse être plus compliqué dans nos zones très rurales", dit à l'AFP Tom Mauser, porte-parole de Colorado Ceasefire, organisation militant pour un encadrement plus strict des armes à feu.

"Les enseignants devraient juste être des enseignants, pas des membres du SWAT", souligne M. Mauser, faisant référence à la force d'intervention d'élite de la police américaine.

Les établissements pourraient peut-être alors les considérer comme des agents de sécurité, et donc les autoriser à avoir des armes dissimulées pendant les cours.

Les lycéens eux-mêmes sont divisés.

Mais "les policiers seront-ils capables de déterminer qui tire" sur les lycéens, s'interroge Andre Fouque, 16 ans, de Louisville, craignant que dans la panique un enseignant armé ne soit confondu avec l'agresseur et abattu.

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