Dimanche 17 Novembre, 2019

Aux Cayes, gays et lesbiennes sont « plus ou moins en paix » selon VKM

Si dans des milieux comme Port-au-Prince, les membres de la communauté LGBTIQ (gay, lesbienne et autres) sont contraints de vivre dans l’ombre par peur d’être attaqués verbalement ou physiquement, dans la commune des Cayes, le constat est tout autre. Selon radio Vwa Klodi Mizo (VKM), ils sont « plus ou moins en paix » dans cette commune du Sud du pays.

La radio rapporte sur son site web, que la population des Cayes n’exerce pas trop de discrimination ou de préjugés à l'encontre de cette communauté qui par conséquent, arrive à s'intégrer normalement. « On les remarque au sein de la population, dans tous les espaces publics tels que les marchés, les plages, les églises, les universités, etc. », dit VKM.

Il arrive même, assez souvent, qu’on les invite comme intervenants dans des émissions de radios, de télévisions sur des thèmes liés aux droits humains et aux droits des gens de leur catégorie. Ils participent aussi, en collaboration avec d’autres secteurs de la commune, dans l’organisation d’initiatives visant la promotion des droits de l’homme, rapporte le site.

Reçus à une émission sur les ondes de la radio communautaire, dans le cadre d'une série d'interviews sur la vie des LGBTIQ, Miller Miseaux, Frantz Samuel, Jasmin Désir, tous les trois membres de l’Union pour la lutte contre la discrimination et la stigmatisation (UPLCDS) ont fait part, face à leur interviewer, des meilleurs moments de leur vie. À leur côté, Kahana Eva Rose Charles, une transsexuelle haïtienne vivant à New York depuis 17 ans.

« Le plus jour de ma vie est celui où, finalement, j’ai pu dire à ma mère que j’étais homosexuel », a déclaré Miller Miseaux qui ajoute avoir, avant cela, répondu « non » à plusieurs reprises alors que ses parents insistaient pour savoir la vérité sur son orientation sexuelle. Après avoir avoué la vérité, indique-t-il tout sourire, « je me suis senti libéré ce jour-là, je suis allé travailler avec une joie dans le cœur, c’est comme j’avais rencontré Dieu ».

Pour Frantz Samuel, ses meilleurs moments sont ceux où ils se trouvent parmi ses paires de la communauté LGBTIQ. « Depuis 11 ans, je ne vis pas avec mes parents, je vis avec un ami et quand je suis parmi les gens comme moi, je parle comme je veux, je fais ce que je veux », raconte-t-il.

Kahana Eva Rose Charles, pour sa part transsexuelle, a fait son coming out aux États-Unis. Avant, « gay », elle vivait en cachette jusqu'au jour où ses parents ont découvert sa vraie vie à cause ou grâce à notamment les ragots des voisins. Jetée dehors, elle a été accueillie par une tante qui a découvert la vérité à travers des conversations qu’elle avait sur internet avait avec un petit ami d’Afrique.

« J’aime quand un homme me traite comme une femme », dit-elle, avouant en passant avoir une préférence et de fortes attirances pour les hommes de style viril, qui ne sont pas efféminés.

Mais il y a eu aussi eu des moments durs, c’est sûr dans un pays où le mariage gay est interdit. « Les périodes de manifestation contre les homosexuels », par exemple confie l’un des interviewés. Mais, se disant conscient de ses droits, il n’arrête jamais d’intervenir dans les médias pour affirmer son identité et faire savoir aux gens qu'ils n’avaient pas le droit d’empêcher les gays de jouir de leurs droits. Et que les « masisi » aussi font leurs devoirs en payant leur taxe comme tout-le-monde.

Regardez l’entrevue ici:

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