Dimanche 13 Octobre, 2019

Aucune sanction contre des Canadiens accusés d'abus sexuels en Haïti

Des policiers canadiens déployés en Haïti auraient eu des inconduites sexuelles sans subir de conséquences une fois de retour au pays.

PHOTO : GETTY IMAGES / ALLISON SHELLEY

Des policiers canadiens déployés en Haïti auraient eu des inconduites sexuelles sans subir de conséquences une fois de retour au pays. PHOTO : GETTY IMAGES / ALLISON SHELLEY

Au moins six (6) policiers canadiens sont accusés par l'ONU d'inconduites sexuelles alors qu'ils étaient en mission des Casques bleus en Haïti. Certains n'ont fait l'objet, de retour dans leur pays, d'aucune sanction pour leurs actes. Cette affaire a même provoqué des frictions entre les Nations unies et le Canada.

L'un des policiers concernés, selon l'ONU, avait même menacé une prostituée avec son arme de service dans l'enceinte d’un véhicule des Nations unies. Il a ensuite pris sa retraite avant qu'il puisse être sanctionné par Sûreté Québec, le corps auquel il appartenait. C'est ce qu'a révélé un rapport de CBC, repris par Radio Canada dans un article paru mi-septembre. Selon le rapport d'enquête, des agents de police canadiens déployés en Haïti en mission des Casques bleus, ont clairement violé le règlement régissant la conduite des policiers des Nations unies en mission à l'étranger.

En ce sens, pas moins de six policiers canadiens ont été dans le viseur de l'ONU qui les accuse "d'avoir eu des comportements sexuels inappropriés auprès de la population locale", a rapporté Radio Canada, citant des documents internes, des mémos et des courriels d'Affaires mondiales Canada. Certains des agents visés par ces accusations n'ont fait l'objet d'aucune sanction une fois rentrés dans leur pays, révèle aussi l'enquête de CBC. Ce qui a valu à Ottawa d'être accusé de manquer de transparence et de sérieux.

D'après Radio Canada, les policiers qui doivent participer dans les efforts de collaboration avec les Casques bleus sont censés lire et signer un document dans lequel il est mentionné qu'il est strictement interdit d’entretenir des relations intimes ou sexuelles avec des membres de la population locale pour des raisons de perception d’autorité . C'est la Garde royale du Canada (GRC) qui s'occupe de la supervision du programme. Elle est aussi chargée de faire respecter ces règlements.

Sylvain Roy, conseiller canadien pour l'ONU, indique que l'envoie des Casques bleus à l'étranger vise le maintien de la paix et la protection des populations souffrant de conflits mais que l'objet des déplacements n'étaient pas pour le développement de "relations amoureuses". Or, en Haïti, des policiers canadiens ont fait peu cas de ce principe. Des enfants ont même été conçus de rapports entre des Haïtiennes et des agents canadiens visés par l'ONU.

A part l'homme ayant pris sa retraite après avoir menacé une prostituée haïtienne avec son arme, un autre agent canadien issu du Service de police de Saguenay (SPS), aurait été rapatrié avant qu'il puisse répondre des accusations d'agression sexuelle sur une Haïtienne qui pesaient contre lui. Cela fait donc deux dossiers, sur les six, à ne pas avoir été conclus par une sanction contre les présumés coupables.

Quant aux autres, l'un a pu écoper d'une suspension de cinq (5) jours, un autre, neuf (9) jours. 

Plusieurs autorités canadiennes reconnaissent l'existence de ce phénomène d'inconduite sexuelles dans les rangs des policiers canadiens et savent aussi que la plupart d'entre eux s'en sortent souvent sans sanction. Les responsables soupçonnent, pour justifier cet écart, l'existence d'un "trou" dans la législation canadienne qui protège en quelque sorte, les policiers déployés pour le compte de l'ONU.

Source: Radio Canada

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