Dimanche 23 Septembre, 2018

Aucun policier pour protéger la population à Port-Margot depuis 2013

En aout 2013, un vent de panique a soufflé sur la commune de Port-Margot lors de l’opposition de plusieurs groupes rivaux de la localité et de Borgne. A l’origine, une guerre pour le tronçon des 9 kilomètres de route reliant les deux communes qui se sont entamés à Borgne plutôt qu’à la commune voisine. Au milieu de ces tensions, un groupe de manifestants en colère s’est emparé du commissariat de Port-Margot et l’a incendié. Cinq ans après il n’y a aucune instance policière pour « protéger et servir » les Port-Margotiens.

Dans une interview accordée à Loop Haïti, l’actuel maire de la commune, Jean-Claude François Voltaire, a affirmé que plusieurs autres intérêts politiques ont été à la base de ce conflit. « Nous étions en période électorale. Certains candidats qui voulaient imposer leur image politique ont provoqué des conflits entre bandes armées de la zone » martèle M. Voltaire.

L’insécurité reste difficile à gérer dans cette communauté de 40 à 45,000 habitants, d'après le maire. En plus de l’absence d’un poste de police, les tribunaux fonctionnent par intermittence. « Même au niveau de la mairie, il m’est difficile de prendre certaines décisions à cause de toutes ces situations » prolonge Jean-Claude François Voltaire.  

Des individus profitent certaines fois de l’absence des autorités policières pour commettre des exactions. Le maire affirme que des cas de lynchage sont souvent répétés dans la commune. Ce sont les habitants qui appréhendent les bandits et les remettent au commissariat du Cap-Haïtien qui se trouve à 35 km. « Mais, plusieurs fois certains individus ont eu le temps de s’échapper, car la police tarde à venir » déplore M. Voltaire.

Les dirigeants de la commune ont entrepris plusieurs démarches qui se sont révélées jusqu’ici vaines. « Nous avons eu plusieurs réunions avec d’autres autorités politiques depuis mon élection, qui, dans un premier temps ont préféré réhabiliter la vieille structure du commissariat. Mais « les habitants ont refusé » raconte Jean-Claude François Voltaire.

Les autorités ont, par la suite, décidé d’offrir un nouveau poste de police à la commune mais n’ont jamais concrétisé leur promesse. Le premier ministre Jack Guy Lafontant avec qui il s’est réuni à trois reprises compte parmi les responsables  politiques citées par M Voltaire.

Les premières pierres devaient être posées sur le nouveau site en juillet dernier lors de la fête Saint-Anne. Mais les bailleurs ont une fois de plus raté l’occasion sans donner d’explication réelle. Pendant ce temps, le maire croise le doigt en espérant qu’aucune situation délicate ne surgisse.