Vendredi 6 Décembre, 2019

Au Venezuela, Moïse Jean-Charles fait pleurer Nicolas Maduro

L’ex-sénateur haïtien Moise Jean-Charles a pris la parole au premier congrès international des afro-descendants qui s’est tenu au Venezuela du 10 au 12 novembre dernier.  Photo: Capture d'écran

L’ex-sénateur haïtien Moise Jean-Charles a pris la parole au premier congrès international des afro-descendants qui s’est tenu au Venezuela du 10 au 12 novembre dernier. Photo: Capture d'écran

L’ex-sénateur haïtien Moise Jean-Charles a pris la parole au premier congrès international des afro-descendants qui s’est tenu au Venezuela du 10 au 12 novembre dernier. Le leader de la plateforme Pitit Desalin a défendu la langue créole, s’est excusé du vote d’Haïti contre la république bolivarienne à l’OEA le 10 janvier dernier. 

En face de Nicolas Maduro, l’actuel président du Venezuela, Moise Jean-Charles ne se faisait pas prier. « Au nom du peuple haïtien […] je vous présente mes excuses pour vote d’Haïti contre le Venezuela à l’Organisation des États Américains (OEA) », s’est exprimé en ses termes le leader de la plateforme politique Pitit Desalin (Fils de Dessalines) dans le premier congrès international des afro-descendants qui s’est tenu au Venezuela du 10 au 12 novembre courant.

Jeudi 10 janvier dernier, la nouvelle a eu l’effet d’une bombe tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays : Haïti s’est prononcé contre la légitimité du président Nicolas Maduro. Il s’agit d’un revirement étonnant. L’ex-sénateur a vécu ce moment dans la tourmente, comme une sorte de trahison d’un peuple-ami d’Haïti et qui l’a soutenu dans sa sobriété.

« Quel que soit la raison, vivre ou mourir, Haïti ne devait pas voter contre le Venezuela », fulmine ce dernier, acclamé par une foule acquise à sa cause. Le point culminant : Nicolas Maduro n’a pas pu résister face à cet élan de l’âme, il s’est fondu en larmes. Dans la vidéo qui retrace les instants de ce discours, à une minute 13 secondes, on a vu un Maduro en train d’effacer ces couches de larmes qui perlaient sur son visage.

Monsieur Jean Charles a aussi élevé l’âme de la langue créole qui a servi d’engin de solidarité dans les luttes pour la libération en Haïti à la fin du 18e siècle. « Aujourd’hui, nous avons pris la parole en créole parce que cette langue nous a fusionnés afin de nous libérer contre le joug esclavagiste », dit-il. Une prise de parole qui fera plaisir aux défenseurs de la langue créole, en particulier les académiciens qui s’occupent de la standardisation de ce « véhicule de la pensée ».  

Il y a aussi une terminologie qui a provoqué un regain d’intérêt ou ricanement chez les internautes haïtiens : afro-africain. Ils étirent leurs cheveux pour savoir s’il s’agit d’un lapsus ou d’un lexème « motivé ». Tout ce qu’il faut s’en souvenir à présent, l’ex-sénateur s’est accaparé, à trois reprises, de ce néologisme pour traduire une pensée, la sienne, et pas celle de ceux qui s’érigent en correcteurs ou agents des bonnes mœurs dans Internet.

Websder Corneille @webscorneille

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