Vendredi 18 Octobre, 2019

Au Venezuela, Maduro entame un deuxième mandat contesté

Des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro exhibent son portrait à Caracas, le 7 janvier 2019.
AFP - YURI CORTEZ

Des partisans du président vénézuélien Nicolas Maduro exhibent son portrait à Caracas, le 7 janvier 2019. AFP - YURI CORTEZ

Le président Nicolas Maduro entamera jeudi un deuxième mandat de six ans au Venezuela avec un soupçon d'illégitimité qui laisse présager un plus grand isolement international, dans un pays en proie à la pire crise économique de son histoire récente.

L'Union européenne a une nouvelle fois appelé mardi à des élections "libres" au Venezuela. "Nous considérons que l'élection présidentielle (de 2018) n'a été ni libre, ni crédible. L'UE demande une nouvelle élection, libre et juste", a déclaré la porte-parole de la diplomatie européenne, Maja Kocijancic.

Ce nouveau mandat coïncide également avec l'entrée dans ses fonctions au Brésil du président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui devrait prendre la tête d'une coalition régionale, soutenue par les Etats-Unis, pour s'opposer à un régime qu'il qualifie de "dictatorial".

Les analystes s'attendent notamment à une augmentation de la pression internationale sur Nicolas Maduro. Jeudi, quand il sera investi, l'Organisation des Etats américains (OEA) aura une session extraordinaire sur la situation au Venezuela.

- Débâcle économique -

Il a reçu mardi l'appui de l'armée qui a exprimé "son soutien inconditionnel et sa loyauté absolue au citoyen Nicolas Maduro en tant que président constitutionnel", selon un communiqué du haut-commandement lu par le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino.

"Le Venezuela ne va pas changer avec Maduro à la présidence, on ne trouve pas de médicaments, les gens ont faim", a déploré auprès de l'AFP Gleidimir Peña, 23 ans, décidé à émigrer au Pérou.

Face à l'écroulement de la production de pétrole du Venezuela, qui dispose pourtant des plus grandes réserves du monde de cet hydrocarbure (3,2 millions de barils/jour en 2008 contre 1,17 million aujourd'hui), Nicolas Maduro a invité ses alliés à investir, non seulement dans le brut, mais aussi dans l'or, le diamant et le coltan.

Des manifestations qui ont fait près de 200 morts, un référendum révocatoire bloqué par la justice, un intense lobby pour la mise en place de sanctions internationales : les adversaires du président ont tout tenté pour l'évincer.

Le Parlement est impuissant, toutes ses décisions étant annulées par la justice. Ses prérogatives sont désormais aux mains de l'Assemblée constituante, qui est, contrairement à lui, inféodée au régime.

"Rien ne sortira du Parlement qui puisse avoir le moindre impact sur la vie politique, les actions ou les membres du gouvernement. Le Parlement va continuer à être un symbole important du fort soutien démocratique que reçoivent les opposants à Maduro parmi les Vénézuéliens, mais il n'a ni pouvoir, ni autorité", estime Peter Hakim, du groupe de réflexion Dialogo Interamericano, dont le siège est à Washington.

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