Jeudi 22 Octobre, 2020

Au pénitencier national, des détenus fabriquent des cartes à vendre pour la fête des Mères

Illustration de carte de fête des Mères fabriqués par des détenus  au pénitencier national.
CP : Page Facebook de Katizana

Illustration de carte de fête des Mères fabriqués par des détenus au pénitencier national. CP : Page Facebook de Katizana

L’atelier de dessin et d’objets artisanaux, Katizana, composé de 14 détenus du pénitencier national, met en vente une gamme de cartes à l’occasion de la fête des mères dans des supermarchés de la capitale. Par cette initiative, ils entendent récolter les fonds pour subvenir à certains de leurs besoins.

Le dimanche 31 mai, date marquant la célébration de la fête des mères en Haïti, les internautes et consommateurs haïtiens sont invités à se procurer une carte de souhait confectionné par des détenus du pénitencier national. Une initiative d’un atelier artisanal regroupant de talentueux détenus, incarcérés au sein du plus grand centre carcéral du pays.

« KATIZANA est une initiative artistique de plusieurs prisonniers au "Pénitencier national d'Haïti', qui fabriquent des objets artisanaux et des cartes postales pour toutes les occasions », a fait savoir Youvica Cherubin, coordonatrice de cette structure artistique. Elle et Richard Trezil, le porte-parole de cette structure, font partie d’un comité de 11 membres assurant le rôle d'intermédiaire entre les prisonniers créateurs et l'extérieur.

Trézil confie que son ambition est d’aider les prisonniers à trouver une alternative face à la violence et aux suicides, courants au sein de ce centre carcéral surpeuplé. Il informe que Katizana a été mise sur pieds en 2017 par deux détenus dont la situation financière était critique. Ces derniers, dit-il, voulaient « donner une nouvelle orientation à leurs vies et garder une certaine relation avec l’extérieur».

« Cette occupation artistique les rappelle qu’ils sont encore utiles à la société et les incite à penser à la création et l’innovation au lieu de la vengeance et la violence », croit-il.

Avec du bristol, de la colle, des crayons, feutres, plumes et autres matérde l’art floral, les concernés produisent environ 40 cartes par jour, 1 200 par mois. Cela dépend du temps accordé par l’administration pénitentiaire aux détenus pour leur bricolage accordée aux détenus. « Ils produisent les cartes avec des matériaux préparés, la détention de certains métaux et autres matériels de découpage étant interdit en prison. Le comité intermédiaire fait le travail de découpage et les détenus font le bricolage » poursuit Trézil.

 

Une initiative lucrative et ambitieuse

Si pour l’instant les revenus de Katizana n’atteignent pas encore les chiffres espérés, ils servent tout de même à accorder aux détenus un droit d’achat de certains produits cosmétiques considérés parfois comme luxueux au pénitencier. C'est le comité de gestion qui se charge de l'administration et la répartition des fonds récoltés par la vente des produits artisanaux.

Pour l’instant, plusieurs institutions religieuses et commerciales encouragent le projet en devenant des partenaires, nous a appris le porte-parole du groupe lors de son échange avec Loop Haïti. Inter congrégation missionnaire (CIM), une mission religieuse internationale et le super marché Delmas 2000 sont aujourd’hui les deux principaux partenaires dans le cadre de la vente de ces produits artisanaux.

Ces cartes de vœux bon marché produites par les détenus dans le but d'assurer leurs survies en prison ne sont pas de simples objets de souvenirs, c’est aussi le chemin par lequel ces détenus, dont certains sont en détention préventive prolongée, espèrent récolter ce qu'il faut pour payer le service d'avocats et obtenir une décision justiciable à leur égard.

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