Samedi 17 Février, 2018

Au Chili, les victimes d'un curé pédophile témoigneront

Des victimes d'un vieux prêtre pédophile chilien Fernando Karadima ont annoncé lundi qu'elles allaient témoigner devant l'envoyé du pape qui doit se rendre au Chili en février pour enquêter sur un évêque soupçonné d'avoir couvert les agissements de ce curé.

"On m'a appelé depuis la nonciature (apostolique, ambassade du Vatican à Santiago) pour me demander de témoigner. Je leur ai dit que je ne pouvais pas me rendre au Chili et on m'a autorisé à témoigner via Skype (...), on m'a dit que ça devait être fait depuis une paroisse ici (à Philadelphie, aux Etats-Unis)", a déclaré une des victimes Juan Carlos Cruz, sur l'antenne de la radio chilienne Cooperativa.

Cruz a expliqué que son témoignage serait recueilli le 20 ou le 21 février. Deux autres victimes devraient également témoigner à Santiago.

Le pape François a choisi d'envoyer au Chili Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte et président d'un conseil du Vatican examinant les recours de prêtres soupçonnés de délits graves, comme les viols sur mineurs, pour tirer au clair le cas de Mgr Juan Barros, qui a empoisonné le récent voyage du souverain pontife dans ce pays (15 au 18 janvier).

En janvier 2015, le pape François avait pris la décision de nommer ce prélat âgé de 61 ans à la tête du diocèse d'Osorno (sud du Chili), bien qu'il soit soupçonné d'avoir tu les actes pédophiles d'un vieux prêtre.

Le père octogénaire Fernando Karadima, un ancien formateur charismatique de prêtres, a été reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d'avoir commis des actes pédophiles dans les années 1980 et 1990. Il a été contraint de se retirer pour une vie de pénitence.

Des victimes de Karadima ont accusé Barros d'avoir assisté à certains actes de pédophilie sans les dénoncer.

L'omniprésence de Mgr Barros aux messes publiques célébrées par le pape dans trois villes différentes du Chili avait soulevé un tollé dans l'opinion publique chilienne.

"Le jour où vous m'apportez une preuve contre l'évêque Barros, je vous parlerai. Il n'y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie", avait lancé le pape, apostrophé par des journalistes au Chili, avant de donner une accolade publique au prélat controversé.

Dans l'avion le ramenant à Rome, le pape avait dû présenter ses excuses aux victimes d'abus sexuels.