Vendredi 13 Décembre, 2019

Arnel Joseph est-il toujours recherché par la police ?

Dans un avis de recherche en date du 3 novembre 2018, la police haïtienne avait annoncé disposer d'une somme de deux millions de gourdes pour quiconque aiderait à capturer le "chef de gang" Arnel. Lors de la 7e journée de mobilisation antigouvernementale, le 13 février, l'homme de Village de Dieu a été remarqué auprès de manifestants.

La présence du caïd de Village de Dieu, Arnel ainsi connu, dans la capitale, inquiète de nombreux citoyens, dont l'ancien directeur général de la Police nationale d'Haiti (PNH), Mario Andrésol qui, dans un long message publié sur son compte Facebook, a fait part de ses vives inquiétudes, sa "peur", par rapport à la situation.

Ce n'était pas sa première apparition publique. Le dimanche 10 février 2019, il répondait en toute quiétude aux questions de journalistes de Radio Mega entre autres s'étant rendu dans son quartier général. Il avait même déclaré ne pas vouloir de violence dans les manifestations contre le pouvoir en place. Durant tout l'entretien, une foule l'acclamait en criant "Vive Arnel, Aba Jovenel".

La récompense de deux millions de gourdes destinée à toute personne pouvant aider à identifier et capturer Arnel, est-elle encore de mise ? A cette question, les responsables de l'institution policière haïtienne contactées depuis au moins deux jours par notre rédaction n'ont pas voulu répondre sans consulter leurs supérieurs.

Un professionnel du droit nous laissé son avis sur la question. "On ne peut pas dire qu'il y a une loi selon laquelle on met à prix la tête de x ou y personne. Cet exercice entre dans le cadre des pratiques administratives des institution policières. Et puisqu'il n'y a pas eu de délai d'expiration pour cet avis, quiconque aidait à capturer Arnel en ce moment, aurait le droit d'exiger cette somme. Et la police, puisque sa réputation en est en jeu, serait dans l'obligation de payer".

"Inacceptable"

Dans son discours prononcé dans la soirée du 14 février, après huit jours de silence face aux mouvements de protestation réclamant son départ, le président Jovnel Moïse a condamné la présence lors des manifestations de bandits armés recherchés par la justice ", aux côtés d'officiels de l'Etat". "Inacceptable", a dit Moïse qui dit refuser de laisser le pays entre les mains de gangs armés et trafiquants de drogue.

Le samedi 3 novembre 2018, la police nationale avait effectué une opération à Village de Dieu en vue de capturer Arnel. Echec. Depuis, le nom d'un député avait été cité comme étant celui l'ayant aidé à s'enfuir. Cette affaire avait fait couler beaucoup d'encre. Quelques mois plus tard, le recherché qui s'était mis à couvert pendant un temps, est de retour dans un contexte particulièrement difficile en raison des manifestations qui se tiennent dans la capitale et dans d'autres villes du pays depuis plus de huit jours. 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :