Samedi 30 May, 2020

Argentine: le droit à l'avortement se heurte aux sénateurs

Une manifestation pro-avortement devant le parlement de Buenos Aires, le 08 août 2018

Une manifestation pro-avortement devant le parlement de Buenos Aires, le 08 août 2018

Après l'Irlande en mai, un autre pays catholique et conservateur se dotera-t-il du droit à l'avortement? Les sénateurs d'Argentine vont probablement rejeter le projet de loi, après son adoption par les députés.

Le débat parlementaire se poursuivait mercredi soir dans l'hémicycle et un vote pourrait intervenir après 00h00 (03h00 GMT).

Le Sénat est plus conservateur, car chacune des 24 provinces dispose de trois représentants quel que soit son poids démographique. La capitale et la province de Buenos Aires, plus favorables à l'IVG, y sont sous-représentées alors qu'elles abritent plus du tiers de la population du pays.

Dans une atmosphère festive, les militants pro et anti-IVG étaient mobilisés en nombre sur la place du Congrès à Buenos Aires, divisée en deux, à l'image de la société argentine sur la question l'avortement.

"Personne ne t'oblige à avorter, ne m'obliges pas à accoucher", peut-on lire sur une pancarte que tient Sol Barel, une étudiante vétérinaire de 24 ans, un bandeau vert peint sur le visage.

D'après les estimations, 500.000 avortements sont pratiqués chaque année en Argentine.

Lors du débat au Congrès, la sénatrice de l’UCR (Union civique radical, centre) Pamela Verasay a dénoncé la violence de groupes anti-IVG: "Ils disent qu'ils défendent la vie et nous menacent de mort".

Ce sont les mouvements féministes qui ont donné ces deux dernières années un élan déterminant à la revendication du droit à l'avortement en Argentine, ce qui a conduit le président argentin de centre-droit Mauricio Macri à ouvrir le débat au parlement, pour la première fois de l'histoire du pays sud-américain. Il est pourtant opposé à l'IVG.

Les opposants au projet de loi ont comme slogan "Sauvons les deux vies", celle de la femme enceinte et celle du foetus, qui figure sur leur foulard bleu ciel, créé par opposition au foulard vert.

Pour lui, "le fait d'avoir un pape argentin a incontestablement aidé" lors du bras de fer sur l'avortement.

"On ne peut pas accepter qu'une mère tue son enfant, dit-elle. C'est une question de moralité. Si une femme ne veut pas de l'enfant, qu'elle continue sa grossesse et donne son enfant en adoption".

Si le "non" l'emporte, il faudra probablement attendre 2020 avant que la question de l'avortement puisse de nouveau être examinée par le parlement.

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