Samedi 26 May, 2018

Après sa déroute, Wall Street sur des montagnes russes

La Bourse de New York, victime d'un mouvement de panique lundi, hésitait sur la direction à suivre mardi, ses indices vedettes oscillant fortement depuis l'ouverture entre pertes et gains.

Vers 15H20 GMT dans un marché très volatil, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average prenait 0,06% à 24.360,36 points après avoir perdu plus de 2% en début de séance puis avoir grimpé de plus de 1,5%.

La veille il avait dévissé de plus de 6% en cours de séance avant de finalement clôturer en baisse de 4,6%.

Related Article

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'appréciait de 0,18% à 6.979,96 points au lendemain d'un repli de 3,8%.

L'indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis, montait de 0,10% à 2.651,71 points après une chute de 4,1% la veille.

Le marché des actions fluctuait déjà fortement dans les échanges électroniques précédant l'ouverture de la séance officielle, dans le sillage des turbulences observées sur les places asiatiques et européennes.

L'indice qui mesure la volatilité à Wall Street, le VIX, a d'ailleurs encore grimpé mardi en début de séance à son plus haut niveau depuis l'été 2015, avant de retomber soudainement.

La déroute du marché américain des actions, aussi soudaine et rapide fut-elle, n'a pas été une réelle surprise dans la mesure où les indices n'ont cessé de grimper ces derniers mois sans pratiquement jamais marquer le pas, remarquaient mardi plusieurs observateurs.

"Les courtiers s'interrogent sur la façon d'aborder une économie qui accélère vraiment pour la première fois depuis des années", avec notamment des salaires qui commencent enfin à grimper et des politiques économiques très favorables aux entreprises, a remarqué Christopher Low de FTN Financial.

- Inconnu à la Fed -

Dans ce contexte la banque centrale américaine (Fed) doit réévaluer le rythme auquel elle diminue ses mesures de soutien à l'économie et "ce réajustement sera guidé par un président qu'on ne connait pas", Jerome Powell ayant pris lundi ses fonctions à la tête de l'institution, a-t-il ajouté.

"Pendant des années on savait qu'on pouvait compter sur (ses prédécesseurs) Ben Bernanke ou Janet Yellen pour intervenir si les marchés baissaient trop. Avec Jerome Powell, on ne sait pas", a abondé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

Le rebond des indices est en partie lié selon lui au renversement de tendance observé sur les deux éléments "techniques" qui avaient alimenté la fébrilité des investisseurs la semaine dernière: la rapide hausse des taux d'intérêt et le repli du dollar.

Le rendement sur les bons du Trésor à 10 ans, monté lundi jusqu'à 2,88%, s'échangeait ainsi mardi à 2,77% tandis que le dollar reprenait de la vigueur.

Il persiste toutefois "des inquiétudes légitimes, et essentiellement techniques, sur les produits financiers qui pariaient sur le maintien de la volatilité à un faible niveau", a souligné M. Volokhine. "Des sociétés vont devoir déboucler des positions et il va peut-être y avoir des dégâts collatéraux".

Sur le front des valeurs, le constructeur automobile General Motors bondissait de 4,53% à 41,33 dollars après des résultats opérationnels supérieurs aux attentes.

L'avionneur Boeing cédait 0,07% à 328,65 dollars alors que, selon une source proche du dossier, l'entreprise est proche d'un accord avec son homologue brésilien Embraer pour la création d'une nouvelle société comprenant seulement les avions de ligne du second.

Le fabricant de vêtements de sports Lululemon cédait 0,23% à 77,23 dollars après l'annonce surprise lundi soir du départ de son directeur général, Laurent Potdevin, accusé de n'avoir "pas respecté le comportement attendu de tout salarié".