Dimanche 18 Novembre, 2018

Après Naomi Osaka, vinrent les Haïtiens revenus du Chili

En Haiti, Naomi Osaka, Joueuse de Tennis japonaise d'origine Haïtienne/ En bas, une migrante Haïtienne revenant du Chili

En Haiti, Naomi Osaka, Joueuse de Tennis japonaise d'origine Haïtienne/ En bas, une migrante Haïtienne revenant du Chili

Il était une fois, Port-au-Prince, à l’aéroport International de Toussaint Louverture, deux évènements marquants, en 24 heures.

Dans l’après-midi du 6 novembre 2018, Naomi Osaka, jeune joueuse de Tennis de 21 ans, japonaise de père haïtien, atterri à bord d’un avion privé, dans la capitale du pays de son papa. Celle qui, deux jours plus tard, sera faite Ambassadeur de bonne volonté pour la promotion du Sport haïtien par le président Jovenel Moise, fut accueillie, sourire aux lèvres, comme une Reine au salon diplomatique de l'aéroport, avec les honneurs et les fleurs de l’Etat haïtien. "Je suis heureuse d'être en Haïti", déclara-t-elle en présence d'un gratin de personnalités étatiques et de journalistes.

 

Puis, 24 heures après son arrivée, vinrent les Haïtiens revenus du Chili. Au même aéroport, dans l'après-midi du 7 novembre, une cohorte de plus d'une centaine de migrants Haïtiens, inscrits au plan de retour mis en place par l’administration de Sebastián Piñera, descendirent d’un Boeing (767) appartenant aux Forces Armées de l’air chilienne. Ces compatriotes, qui ont dû fuir la misère haïtienne pour se réfugier au Chili, durent, à contre coeur, faire demi tour face à la désillusion qui fut la leur une fois arrivés sur le sol de leur El Dorado. Au Chili, sans logement décent, sans travail et sans véritable assistance sociale, ils furent forcés de faire le choix du retour. 7 heures de vol, pour un voyage sur une distance de 6000 km vers l'inconnu, l'incertain, pour tout recommencer.

 

Pour la jeune star du Tennis, l'on savait déjà comment tout allait se terminer. Après sa tournée en Haiti, elle retourna aux Etats-Unis, le pays qui l'a accueillie et grandie. Elle joua encore pendant longtemps au Tennis, remporta des Trophées et fit parler parler d'elle dans les plus grands journaux du monde et dans de très beaux termes.

En revanche, pour les Haïtiens revenus du Chili, on ne saura peut-être jamais comment s'est terminé leur périple. D'ailleurs, le jour même de leur grand retour, certains d'entre eux se plaignaient déjà de ne pas savoir où ils allaient dormir. Si quelques-uns se réjouissaient d'être rentrés à la maison, d'autres versaient des larmes chaudes, ne sachant pas ce qu'ils allaient devenir, ce que leur demain leur réservait. Aucun plan. Rien. Juste le néant, les tâtonnements et l'espoir de tomber sur le bon bouton.

Mais une chose était sûre: ce voulant rentrer au Chili devraient attendre au moins 9 ans.