Mercredi 20 Juin, 2018

Appel au secours en faveur des immigrants haïtiens en RD

Des Haïtiens ayant toujours travaillé en République dominicaine se dirigent vers la Cour constitutionnelle de Santo Domingo, pour contester leur expulsion, le 25 juin. Photo Erika Santelices.AFP

Des Haïtiens ayant toujours travaillé en République dominicaine se dirigent vers la Cour constitutionnelle de Santo Domingo, pour contester leur expulsion, le 25 juin. Photo Erika Santelices.AFP

« Après avoir dépensé 2 millions de dollars, changé trois fois de ministres des Affaires Etrangères et de ministres des Haïtiens vivant à l'étranger, le gouvernement haïtien n’arrive toujours pas à délivrer des pièces d'identité aux compatriotes qui vivent sans papiers en République dominicaine », se plaint le Collectif des organisations pour la défense des droits des migrants et rapatriés (CODDEMIR).

Dans une entrevue avec Loop Haïti, le directeur du Collectif, Pierre Garot Néré affirme que l’année 2017 a été « catastrophe pour Haïti ». Un récent rapport révèle que plus de 111 mille Haïtiens ont traversé la frontière haïtiano-dominicaine. « 69 % ont entre 18 et 49 ans » et environ 1 mille 641 sont des enfants non-accompagnés (ENA), dit CODDEMIR.

Comme d’habitude, nombre de ces aventuriers se sont heurtés à de mauvaises surprises une fois arrivés dans leur présumé El Dorado: patrons dominicains qui ne lésinent pas à violer les clauses définies au préalable, autorités dominicaines à l’affut de la moindre occasion pour rapatrier des haïtiens, parfois « dans des conditions inhumaines », et ce, même dans des jours fériés pour ainsi violer le protocole d’accord paraphé en décembre 1999 sur le mécanisme de rapatriement.

Le rapport évoque la situation des personnes vivant en situation irrégulière en République dominicaine suite à la décision « raciste » prise, le 23 septembre 2013, par le tribunal Constitutionnel Dominicain ayant enlevé la nationalité à plus de 250 mille dominicains d’origine haïtienne.

Jusqu’à maintenant, ajoute Néré, le cas de nombreux de ces haïtiens ne s’est pas amélioré même après l’expiration du Plan national de régulation des étrangers (PNRE) initié en juin 2014 par les dominicains et l’échec du Programme d’Identification et de Documentation des Immigrants Haïtiens (PIDIH) mis sur pieds par l’Etat haïtien en vue de doter ses ressortissants de documents leur permettant de régler leur situation migratoire.

Pour freiner ces pratiques brutales contre les ressortissants haïtiens en République dominicaine, le Collectif recommande aux autorités étatiques de prendre leurs responsabilités envers leurs citoyens et, « de faire pression sur leurs homologues dominicaines, lors de la rencontre bicamérale prévue pour le mois de mars 2018 ».

Début d’année, le Groupe d’appui aux réfugiés et rapatriés (GARR) avait crié au scandale quand le 2 janvier, un camion dominicain avait déposé des dizaines d’Haiti sur la frontière. « A Belladère et à Malpasse seulement, plus de 900 personnes sont expulsées en Haïti pendant la semaine festive partant de la fin du mois de décembre 2017 jusqu’à mi-janvier 2018 », dit le rapport du CODDEMIR.