Mardi 22 Septembre, 2020

Ambassador Marli: la diaspora doit choisir son représentant en Haïti

La jeune ambassadrice de l'espoir, Marli Lalane. Photo: Page Facebook/Ambassador Marli.

La jeune ambassadrice de l'espoir, Marli Lalane. Photo: Page Facebook/Ambassador Marli.

Depuis quelques temps, Marli Lalane plus connue comme Ambassador Marli passe à un autre chapitre dans sa campagne pour une meilleure participation des Haïtiens dans les affaires du pays. Mi-novembre, la jeune femme a lancé le débat sur une meilleure représentation de la diaspora dans les sphères politiques en Haïti.

Depuis des décennies, la question de l’intégration de la diaspora haïtienne occupe une place importante dans les discours et/ou les programmes politiques en Haïti. Cependant, les Haïtiens vivant à l’étranger se sentent toujours sous-représentés eu égard à certaines limites constitutionnelles, mais aussi, aux personnalités qui représentent cette catégorie au sein des gouvernements dans le pays. La représentation ou l’intégration de cette communauté dans la gestion de la chose publique en Haïti devient un élément presqu'incontournable dans le discours politique, mais rien de concret n'a couronné cet élan jusqu'ici.

« Les acteurs et les partis politiques tournent en dérision les Haïtiens vivant à l’étranger, mais rien de concret », déplore Marli qui veut que le débat soit réellement lancée sur la question. Dans une courte vidéo publiée cette semaine, celle qui a initié en juillet dernier la campagne pour la réconciliation entre les Haïtiens" a tenté de dresser le tableau de la réalité de la diaspora haïtienne qui, malgré sa présence dans l'espace des débats, reste selon Mme Lalane, sous-représentée dans les sphères politiques du pays.

 

Pour mieux adresser ce problème, la diaspora « doit choisir son propre représentant » au sein du gouvernement, croit la jeune activiste. « C'est important », insiste-elle. Le ministre des Haïtiens vivant à l'étranger ne doit pas être quelqu'un qu'on choisit par hasard. La raison d'après elle est parce que les membres de la diaspora ne veulent pas être représentés par quelqu'un qui ne connait pas le milieu et vice versa ou par quelqu'un qu'ils n'ont pas délégué. En plus, le représentant de cette communauté n'est pas censée être, comme le pays, soumis à l'instabilité qui caractérise le fonctionnement de l'Etat haïtien. On ne peut pas avoir un représentant qui perd son siège à chaque fois qu'un gouvernement est limogé en Haïti, pense Ambassador Marli.

« Si la diaspora a un représentant de manière stable dans le pays, ça peut aider à la définition d’une vision et permettre une continuité dans l’implémentation de cette vision », argumente-elle. Ce changement dans le processus de représentation, souligne Mme Lalane, peut contribuer à rendre beaucoup plus efficace ces Haïtiens dans leurs efforts pour le progrès et le développement de leur pays.

Une idée bien accueillie par certains 

L’idée semble être jusqu'ici bien accueillie par les internautes qui ont donné leur avis sur le sujet. Ils sont unanimes à ce que le processus de choix du ministre des Haïtiens vivant à l’étranger soit initié par les compatriotes de l’extérieur, et non par les politiques en Haïti. Des observateurs ont aussi plaidé en faveur de la mise sur pied d’une structure pouvant aider la diaspora haïtienne dans le choix de ce représentant, capable de porter les revendications de cette catégorie.

Notons que la diaspora représente l’un des leviers importants dans le développement économique du pays. Selon une enquête réalisée en 2014 par la Banque Interaméricaine de Développement (BID), les transferts de la diaspora vers Haïti s’élevaient à plus de 1,9 milliards de dollars, soit 20% du PIB haïtien. Selon les estimations, la diaspora haïtienne éparpillée notamment aux Etats-Unis, en France, au Canada, en République dominicaine ou au Chili, compte plus de deux (2) millions de membres.

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