Mardi 15 Octobre, 2019

Alzheimer: pourquoi les labos n'y arrivent pas encore

Aujourd’hui la maladie d’Alzheimer touche plus de 850 000 personnes en France, avec plus de 225 000 nouveaux cas chaque année. / Sebastien Bozon / AFP

Aujourd’hui la maladie d’Alzheimer touche plus de 850 000 personnes en France, avec plus de 225 000 nouveaux cas chaque année. / Sebastien Bozon / AFP

Les laboratoires pharmaceutiques sont pour le moment démunis face à Alzheimer: depuis 16 ans, aucun nouveau médicament contre cette maladie neurodégénérative n'est arrivé sur le marché, faute de certitudes sur son mécanisme et d'une hypothèse longtemps privilégiée mais aujourd'hui débattue.

Il y a cependant urgence à résoudre l'énigme. Le nombre de personnes atteintes de démence dans le monde devrait tripler d'ici 2050, à 152 millions, et Alzheimer pourrait représenter de 60 à 70% des cas, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Mais en dépit d'importants moyens financiers pour la recherche, tant publique que privée, les essais cliniques sur Alzheimer échouent les uns après les autres.

- Cascade ou pas? -

Galvanisés par des essais prometteurs sur des souris, depuis le début des années 2000 "les laboratoires sont tous partis sur l'hypothèse amyloïde, en se disant: +Ce sera le jack-pot+", déplore la neurologue.

"L'interface entre les protéines amyloïdes et Tau reste un domaine très mal connu et complexe", résume Mme Sarazin. A présent, "il y a des chercheurs qui pensent que Tau aurait aussi un rôle essentiel à un stade très débutant de la maladie", remettant en cause le modèle de la cascade amyloïde.

Quant à des candidats médicaments ciblant la protéine Tau, ils n'ont pas donné non plus de résultats satisfaisants jusqu'à présent.

- Prévenir plutôt que guérir -

Désormais "beaucoup d'entreprises pharmaceutiques cherchent à inclure dans leurs essais cliniques des personnes saines mais ayant une prédisposition à développer" la maladie d'Alzheimer des années plus tard, dans l'espoir de démontrer une efficacité préventive de leurs traitements, souligne encore l'analyste.

"Il semblerait que comme pour les autres maladies neurodégénératives, la clé soit d'aller vers la prévention le plus tôt possible", estime ainsi Danny Bar-Zohar, responsable du développement en neurosciences chez le géant pharmaceutique suisse Novartis, qui collabore avec l'américain Amgen sur Alzheimer.

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