Dimanche 18 Août, 2019

Allemagne : Merkel va renoncer à la présidence de son parti

Angela Merkel en chemin pour une rencontre avec le leadership de son parti chrétien-démocrate, à Berlin, le 29 octobre 2018

Angela Merkel en chemin pour une rencontre avec le leadership de son parti chrétien-démocrate, à Berlin, le 29 octobre 2018

Angela Merkel va quitter la présidence de son parti chrétien-démocrate (CDU) en décembre, a appris l'AFP auprès d'un responsable de la formation, au lendemain d'un cuisant revers électoral.

Angela Merkel a posé lundi les jalons de la fin de sa carrière politique, en annonçant que son mandat de chancelière était le dernier et en renonçant à la présidence de son parti, conséquences d'un cinglant revers électoral régional en Allemagne.

Elle a dit vouloir rester chancelière mais "ce sera le dernier mandat", a indiqué à l'AFP une source proche de son parti sous couvert d'anonymat, des informations relayées aussi par les médias de référence en Allemagne. Et à cette date, en 2021, elle n'aspire pas non plus à poursuivre une carrière européenne, selon cette source, signifiant ainsi qu'elle se retirerait de la vie politique de premier plan.

Une manière de préparer sa succession. La secrétaire générale de la CUD, Annegret Kramp-Karrenbauer, une proche de la chancelière, a d'ailleurs fait part de son intention de succéder à Mme Merkel à la tête du parti, selon des sources partisanes, strapontin pour une candidature à la chancellerie.

Mme Merkel avait jusqu'ici toujours dit considérer que la présidence de l'Union chrétien-démocrate (CDU) et la chancellerie allaient de pair, au risque sinon pour le chef du gouvernement de perdre en crédibilité et autorité.

En agissant ainsi, elle permet à un ou une successeur d'émerger. Et la compétition s'annonce rude entre les tenants de la poursuite d'un cap modéré et centriste et ceux, qui ont le vent en poupe, prônant un net coup de barre à droite face à la poussée de l'extrême droite dans le pays.

Mme Merkel, qui a eu droit à une ovation des membres de la direction de son parti après ses annonces, selon ses proches, doit s'exprimer en début d'après-midi (12H00 GMT).

Mme Merkel, qui dirige le pays depuis 13 ans, est elle de plus en plus contestée dans ses rangs et dans l'opinion publique.

Depuis des semaines, le débat sur la succession de Merkel au sein du parti CDU n'est plus tabou, tant elle apparaît usée par le pouvoir 13 mois après sa victoire étriquée aux législatives.

Ce mouvement s'est félicité lundi du début de retrait d'Angela Merkel. "Nous y sommes pour beaucoup", a trompété le co-président du parti Alexander Gauland. Le président d'un autre parti d'opposition, les Libéraux, Christian Lindner, a lui ironisé en jugeant que "Mme Merkel abandonne le mauvais mandat" en renonçant à la présidence du parti et non à la chancellerie.

Plusieurs cadres du parti conservateur réclament depuis des mois un coup de barre à droite et demandent à Angela Merkel de préparer sa succession. Celle-ci avait refusé jusqu'ici de publiquement débattre de son avenir.

La présidente du SPD Andrea Nahles a agité dimanche soir la menace d'un départ du gouvernement faute de garanties rapides sur un meilleur fonctionnement du gouvernement, miné depuis des mois par des querelle internes, notamment sur la politique migratoire.

Les militants sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à réclamer une cure d'opposition, par crainte de voir leur parti disparaître. Leur parti s'est effondré en Hesse d'une dizaine de points lui aussi à 19,8%.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :