Mardi 15 Octobre, 2019

"Aleken" ou "Chen janbe": une alternative pour les petites bourses

Credit Photo: Tweeter

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En Haïti, d’aucuns ne sauraient nier ne pas avoir, même une fois dans sa vie goûté à un bon « aleken ». Certains diront qu’il a fallu qu’ils s’y fassent, ne pouvant se permettre un plat plus coûteux, d’autres seront fiers d’avouer que l’"aleken" fait partie de leur quotidien. Il reste au moins un point sur lequel on peut se mettre d’accord, c’est que ce type de mets est une pratique et s’est au fil du temps incrusté dans le vécu haïtien.

Peu coûteux comme type de nourriture, différentes appellations sont attribuées à l’« aleken », dépendamment de la façon dont il est servi. « Anba dra » quand le consommateur va s’en délecter à un endroit aménagé à cette fin, ayant pour seule intimité un bout de tissu (souvent un drap) qui sépare les curieux du lieu de dégustation; « chen janbe » quand il est offert en plain air et qu’il y a possibilité pour des animaux errants dans le rue de passer tout près, voir enjamber le récipient qui contient la nourriture; «Akoupi m chaje w » quand c’est fait de manière ambulante, et qu’après chaque plat servi, la marchande doit encore remettre sa charge sur sa tête pour poursuivre son chemin.

Ce sont là les dénominations les plus courantes.

Variant entre 25 à 150 gourdes, les « aleken » sont des repas simples, préparés le plus souvent vers le milieu de la journée et qui profitent aux petites bourses. En effet, si pour certains l’idéal c’est de se taper un bon repas cher payé à l’un des restaurants huppés de la capitale, il y a aussi ceux qui ne peuvent se permettre que les « aleken »; et ils s’en régalent. Le menu est souvent le même chaque jour, mais aussi diversifié chez certaines marchandes. Du riz et purée de pois, du riz collé et de la sauce, et dans certains cas, on peut trouver du maïs.

« Mezi lajan w; mezi wanga w »

Si dans les restaurants les prix sont incontestables - c’est à prendre ou à laisser - et qu'on ne peut oser se plaindre de la quantité reçue par rapport au coût, l'«aleken », lui, est à la portée de toutes les bourses. Et les prix dépassent rarement 150 gourdes.

C’est en fait une excellente alternative, qui dans certains cas pallient au problème de la faim en Haïti. Dans certains ghettos par exemple, la pratique est très répandue, et les individus s’en sont bien accommodés. Au centre-ville, il y aussi la possibilité d’étancher sa soif après un bon plat d’"Aleken". Du jus ou encore des boissons gazeuses sont à la disponibilité des potentiels consommateurs.

L’aleken: un palliatif oui, mais pas trop hygiénique

Le problème du "ventre vide" peut être résolu avec un bon « aleken », mais les conditions dans lesquelles ce dernier est préparé restent questionables. Les ustensiles ne sont pas toujours en excellent état, d’autant plus que les commerçants n’y accordent pas trop de temps quand il s’agit de les laver. Un récipient rempli d’eau sert à chaque fois d’eau de vaisselle pour les assiettes (pour ceux n’utilisant pas les assiettes en carton).

Enfin, personne n’ignore les enjeux à se gaver d’"aleken". Les consommateurs font un choix et ils restent les seuls pouvant l’assumer. Après tout, on a chacun goûté un bon petit "chen janbe" une fois dans notre vie. Il y a pas mort d’hommes.

 

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