Samedi 25 Janvier, 2020

Agritrans n’écarte pas l’idée d’attaquer la CSC/CA en justice

Le president Jovenel Moise, une des tête de la Firme AGRITRANS S.A

Le president Jovenel Moise, une des tête de la Firme AGRITRANS S.A

Le rapport final sur Petrocaribe est indiscutablement un document qui fâche. La Cour des comptes analyses et accuse, les épinglés veulent se défendre à tout prix. La firme Agritrans, indexée dans la page 163 du document pour stratagème de détournement de fonds, dit "se réserve[r] le droit d’engager une procédure auprès de la justice haïtienne afin de défendre son intégrité et ses droits’’. Ce qui laisse croire qu’à tout moment, Agritrans S.A peut attaquer la Cour des comptes en justice.

Après l’intervention de Rudy Hériveaux, porte-parole du PHTK, et celle de Miradin Morlan, directeur de la direction générale des impôts sur les accusations de détournement de fonds portées contre le président de la République Jovenel Moise, hier 3 juin, les réactions se sont multipliées dans le camp du PHTK, parti du chef de l'Etat, pour tenter de laver l’image de ce dernier.

Dans une note datant du 3 juin 2019, portant la signature du conseil d’administration d’Agritrans S.A et celui de l’avocat de la firme, Mario Delcy, l'entreprise exprime son désaccord avec le rapport complémentaire (deuxième partie) de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) sur la gestion des fonds vénézuéliens accordés (sous forme de prêt) à Haïti pour son développement.

Les responsables de la firme ont fait savoir que « contre toute attentes, le processus d’audit de la CSCCA ont été mené sans avis ni entrevues, ni consultations des livres de la firme Agritrans S.A et ses archives ». La compagnie du président Jovenel Moise, épinglée par la Cour pour avoir été au coeur d'un stratagème de détournement de fonds, dit déplorer aussi le fait qu’aucun rapport d’évaluation technique du MTPTC n’est venu renforcer les conclusions de l’audit de la CSCCA.

Ainsi, Agritrans S.A dit ‘’se réserve[r] le droit d’engager une procédure auprès de la justice haïtienne afin de défendre son intégrité et ses droits’’.

Notons que dans le rapport dont tout le monde parle en ce moment, les juges ont découvert qu'en 2014 pour le même chantier de réhabilitation de route, l'État a signé deux contrats avec deux entreprises aux noms distincts, Agritrans et Betexs, mais qui partagent notamment le même matricule fiscal et le même personnel technique.  

« Les deux entreprises ont réalisé distinctement les mêmes ouvrages aux mêmes dates » révèle le rapport de la Cour qui conclut qu'il s'agit « ni plus ni moins qu'un stratagème de détournement de fonds ».  

Avant son arrivée au pouvoir en 2017, Jovenel Moïse était à la tête de l'entreprise Agritrans, laquelle a reçu plus de 33 millions de gourdes (plus de 7 millions de dollars américains, au taux de l'époque) pour ce projet routier alors que son activité consistait à de la production bananière. 

Lire > Jovenel Moïse au coeur d'un "stratagème de détournements de fonds"

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