Dimanche 18 Novembre, 2018

Affaire Benalla: le certificat médical du manifestant molesté antidaté par le médecin

Alexandre Benalla, ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, (capuche grise) lors d'une manifestation, le 1er mai 2018 à Paris

Alexandre Benalla, ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, (capuche grise) lors d'une manifestation, le 1er mai 2018 à Paris

Le certificat médical relevant des blessures sur le jeune homme molesté par Alexandre Benalla le 1er mai et transmis à la justice a été antidaté, selon l'avocat du manifestant confirmant une information du JDD.

Mais l'avocat des deux jeunes gens, qui s'étaient portés partie civile trois jours plus tard, réclamait depuis une aggravation des charges, notamment au vu des blessures supposées du jeune homme.

Dans ce document, daté du 11 mai, le docteur "évoque des traces de coups sur la poitrine et une raideur cervicale", avait déclaré Me Sahand Saber le 25 juillet.

Le patient "est venu me voir le 23 juillet en m'expliquant qu'il était impliqué dans l'affaire Benalla et que son avocat lui demandait une certificat médical (...). Je le reçois rapidement dans l'après-midi et je lui ai fait le certificat que vous avez" sans nouvelle consultation, a-t-elle déclaré aux enquêteurs le 20 septembre, selon le procès-verbal rapporté par le JDD.

Sollicité par l'AFP, l'avocat du manifestant a pour sa part pointé la responsabilité du médecin.

"A aucun moment, il ne pensait se faire remettre un document antidaté, il pensait que c'était une copie", a-t-il fait valoir.

Dans ce dossier, Georgios D., 29 ans, et sa compagne de 30 ans, Chloé P., ont été auditionnés le 19 septembre par les juges d'instruction. Devant les magistrats, ils ont reconnu des jets de projectiles - une carafe d'eau et un cendrier - vers les CRS, à l'origine de leur interpellation musclée.

Outre les violences en réunion, Alexandre Benalla reste aussi mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel".