Dimanche 18 Novembre, 2018

ACTE: Une école de formation d’acteurs et d’animateurs en Haiti

De gauche à droite: Amos César, Gaëlle Bien-aimé et Billy Elucien de l'Association des professionnels du Théâtre Haïtien (APTH). Photos : David Duverseau

De gauche à droite: Amos César, Gaëlle Bien-aimé et Billy Elucien de l'Association des professionnels du Théâtre Haïtien (APTH). Photos : David Duverseau

L’Association des Professionnels du Théâtre Haïtien (APTH) vient de lancer le projet « ACTE », une école de formation d’acteurs et d’animateurs. Pour l’occasion, deux journées portes ouvertes ont été réalisées les 1er et 2 février 2018 avec un programme fourni dans le souci de présenter cette nouvelle initiative à la presse et au grand public.

Une conférence de presse d’une heure de temps a été présentée lors de la première journée par trois membres de l’APTH : Billy Elucien, Gaëlle Bien-aimé et Amos César, trois professionnels reconnus pour leurs riches expériences dans le domaine du Théâtre en Haïti.

« Le projet ACTE est le premier grand pas de l’APTH depuis sa création en 2015 »  souligne Billy Elucien qui explique également que l’association a été créée dans le but de permettre aux créations des artistes d’atteindre une plus large audience, que ce soit à Port-au-Prince ou dans les zones de provinces.

L’un des objectifs de l’APTH, dévoile Billy Elucien, c’est de former des cadres qui seront capables d’en former d’autres. « La formation est incontournable si on veut bien que le secteur continue à exister », avance celui qui est également le directeur artistique du Festival Kont Anba Tonèl.

« ACTE, une folie furieuse, une rage nécessaire »

Cela fait six mois depuis que Gaëlle Bien-aimé a communiqué à ses compagnons de l’APTH l’idée de mettre sur pied une école pour former des gens dans le domaine du cinéma parmi d’autres projets envisagés par l’association dans le domaine de la création artistique. 

 « Ouvrir une école maintenant alors que les jeunes partent de plus en plus vers un mieux-être ailleurs, former des artistes dans cette conjoncture : Quelle prétention ! Quelle folie ! », s’exclame la comédienne. Cependant, elle pense que c’est de bonne guerre puisque huit ans après le séisme, le secteur culturel est livré à lui-même.

Ce projet est un prolongement  des travaux déjà effectués par Daniel Marcelin, Paula Clermont Péan, Syto Cavé, Mona Guérin, Arnold Antonin, Jean Gardy Bien-aimé, entre autres, qui avaient eux aussi cette folie il y a vingt ans de cela, quoiqu’aucune condition n’est réunie chez nous pour qu’un artiste puisse évoluer et vivre dans la dignité a en croire les explications de Gaëlle Bien-aimé qui décrit la décision de s’investir dans la création de spectacle de théâtre en Haïti comme : une folie furieuse, une rage nécessaire. « Créer est une nécessité aujourd’hui plus que jamais. Aucun miracle ne nous sortira de ce marasme, c’est nous qui devons agir. Donc, nous agissons, nous hurlons, nous créons », lance-t-elle.

ACTE, structure et philosophie

L’école compte une vingtaine d’étudiants pour l’instant et fonctionnera au local occupé par l’école de danse latine « Art total » au numéro 6 de la rue charbonnière à Delmas 33. Il a été mentionné que les cours commenceront le lundi 5 février 2018 et prendront fin en mai 2019.  Des séminaires et des ateliers s’en suivront, puis les étudiants auront à remettre un projet de sortie à la fin de la formation.

Selon Amos César, responsable des études, la philosophie de ce projet est de permettre à l’artiste de prendre conscience de son environnement, de poser des actions et de devenir un acteur du changement. Ainsi un cursus spécial a été élaboré pour les étudiants qui auront droit à des cours d’interprétation, de méthodologie, de communication, de sociologie, de dramaturgie […].

« Nous adoptons la méthode Stanislavski qui se résume ainsi : créer un personnage c’est créer une vie [humaine], tu lui donnes une existence et tu l’exprimes sur une forme esthétique et artistique », commente-t-il avant d’ajouter que l’école est ouverte au grand public, du moment que l’intéressé a eu son bac.

Il faut noter que parallèlement à ce projet, l’APTH prévoit de lancer un autre projet intitulé « Renforcement Pédagogique en Art de la Scène (RENPARTS) » bâti sur un cursus bien adapté et conçu pour préparer des formateurs pour les élèves du nouveau secondaire. Ce projet commencera en juin 2019.