Dimanche 13 Octobre, 2019

Accusé de viols, Tariq Ramadan obtient sa mise en liberté après dix mois de détention

Tariq Ramadan, le 26 mars 2016 à Bordeaux

Tariq Ramadan, le 26 mars 2016 à Bordeaux

"Je n'ai pas à fuir, je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse": après près de dix mois de détention dans une affaire de viols, Tariq Ramadan a obtenu jeudi sa mise en liberté sous contrôle judiciaire après avoir lui-même plaidé sa cause devant la cour d'appel de Paris.

Une fois libéré de la prison de Fresnes où il est détenu, Tariq Ramadan, qui devra remettre son passeport suisse, aura interdiction de quitter le territoire, d'entrer en contact avec les plaignantes et certains témoins. Il devra aussi pointer une fois par semaine au commissariat.

Toutes deux affirment avoir subi un rapport sexuel d'une extrême violence, en 2012 à Paris pour la première et en 2009 à Lyon pour l'autre.

La chambre de l'instruction avait en effet accepté, à la demande de la défense, de ne pas ordonner le huis clos, pourtant quasi systématique à Paris en matière de détention, offrant à l'intellectuel sa première apparition en public depuis son incarcération.

"Je viens de passer dix mois en prison, je suis innocent, je le paye de ma santé, je ne peux plus marcher normalement", a défendu M. Ramadan, atteint d'une sclérose en plaques dont le traitement a été jugé compatible avec la détention.

Cette demande de mise en liberté, la quatrième, avait été rejetée la semaine dernière par les juges qui craignaient notamment des pressions sur les plaignantes, argument à nouveau invoqué jeudi par le parquet général.

"Je n'ai jamais violé, je ne suis pas un violeur. C'est vrai que j'ai commis une erreur, j'ai pensé à protéger ma famille. C'était une erreur et une bêtise de ma part que ce mensonge", s'est-il justifié.

"Je voudrais que vous décidiez en votre âme, en conscience, non pas parce que je m'appelle Tariq Ramadan et qu'on m'a diabolisé dans ce pays", a-t-il lancé aux juges.

"Ces deux femmes sont régulièrement menacées, injuriées. M. Ramadan prend en otage sa communauté", s'était indigné Me Francis Szpiner, avocat de Henda Ayari.

Pour l'avocat de "Christelle", "l'audience ayant été publique, tout le monde a pu entendre que la cour n'allait pas se prononcer sur sa culpabilité ou son innocence, mais sur la question de savoir si les conditions de son maintien en détention étaient toujours remplies".

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