Dimanche 26 May, 2019

A 94 ans, un ex-garde d'un camp de concentration nazi devant la justice allemande

Photo: West France

Photo: West France

Un ancien garde de 94 ans du camp de concentration nazi de Stutthof comparait à partir de mardi à Münster en Allemagne pour complicité de centaines de meurtres, un procès à la fois symbolique et moral.

"Il avait entre 18 et 20 ans au moment des faits. En tant que surveillant, il a gardé le camp, des clôtures, des tours de guet" alors que des centaines de personnes y "étaient gazées, fusillées et sont mortes de faim", explique à l'AFP le procureur de Dortmund Andreas Brendel.

Selon Die Welt, le nonagénaire a nié devant la police en août 2017, avoir su que des atrocités étaient commises dans le camp, affirmant notamment que les soldats souffraient aussi du manque de nourriture.

Gardé par des SS et des auxiliaires ukrainiens, il a d'abord servi à la détention de prisonniers de guerre et opposants polonais, norvégiens ou danois avant que des Juifs des pays baltes et de Pologne, essentiellement des femmes, y soient déportés à partir de 1944 dans le cadre de la "solution finale" nazie.

- Question morale -

Il sera jugé jusqu'en janvier au moins par une cour pour mineurs, puisqu'il avait moins de 21 ans au moment des faits.

L'accusé encourt un maximum de 15 ans de prison. Pour M. Brendel, peu importe la peine, car c'est avant tout "une question juridique et morale".

Après des décennies sans zèle en la matière, l'Allemagne a condamné ces dernières années plusieurs anciens SS pour complicité de meurtres: John Demjanjuk, Reinhold Hanning et Hubert Zafke.

- "Pas d’exception" -

La justice allemande reste cependant critiquée pour son traitement tardif des crimes du IIIe Reich. Elle reste accusée d'avoir pendant des décennies freiné les procédures visant les personnes complices ou coupables d'exactions.

Jusqu'alors, seuls les suspects directement impliqués dans les assassinats de déportés pouvaient être poursuivis.

"Si on laissait passer cette affaire, on aurait toujours une excuse pour en laisser passer une autre. L’Etat de droit a priori ne connait pas d’exception".

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