Dimanche 16 Décembre, 2018

7 janvier 1991, passage éclair de Roger Lafontant à la présidence

Dr Roger Lafontant, ancien bras droit de baby Doc et ex-chef des Tontons macoutes.

Dr Roger Lafontant, ancien bras droit de baby Doc et ex-chef des Tontons macoutes.

Ce dimanche 7 janvier 2018 ramène, en dépoussiérant une page des archives de la république d’Haïti, la commémoration des dix-sept ans de la tentative de coup d’Etat orchestrée par le Dr Roger Lafontant contre la présidente provisoire d’Haïti, Mme Ertha Pascal-Trouillot ayant pris les rênes du pouvoir le 13 mars 1990 jusqu’au 7 février 1991.

Ancien ministre de l'Intérieur du régime de Jean-Claude Duvalier alias « Baby doc », ex-chef des Tontons macoutes, celui que le Dr Rony Gilot décrit comme un « fauve politique » a vu ses chances galvaudées à cause du délaissement des Forces Armées D’Haïti (FAd’H), notamment le soutien du général Hérard Abraham et le haut commandement militaire qui ont condamné, sans broncher, le coup de force.

A la suite d’un communiqué à la population, le général Abraham évoqua la mutinerie d'un groupe « à la solde de Roger Lafontant » ayant pris en otage la présidente provisoire de la République « après l'avoir forcée à démissionner ». Il qualifiera d’« acte de terrorisme » cette tentative mettant en péril les valeurs intransigeantes de la démocratie.

En guise d'assurance, l’ancien dirigeant de l’académie militaire appellera « la population à garder son calme » parce qu’il a déjà pris « toutes les dispositions pour que la situation revienne à la normale ».

Tandis que, dans la nuit de dimanche 6 à lundi 7 janvier, Roger Lafontant avait déclaré s'être « associé aux forces armées et de police pour assumer le pouvoir au mieux des intérêts de la patrie commune, dans le but de la conduire sur les sentiers de la démocratie véritable ». Ce qui contraignit la présidente par intérim Ertha Pascal-Trouillot a annoncer sa démission de manière expresse.

« Je suis devenu Président provisoire parce que Mme Ertha Trouillot, voyez-vous, a démissionné parce qu’elle a perdu le contrôle des événements de ce pays. Face à ce président [Jean-Bertrand Aristide, NDLR] qui, au lieu de faire un discours s’adressant à tous les fils de la nation, a préféré proférer des menaces, des anathèmes. Ce qui a empêché que nous puissions faire quelque chose de valable ».

Ainsi résonnaient les propos de Roger Lafontant à la télévision, à 0h 45. Dix heures plus tard, il fut arrêté et amené au Grand quartier général des armées.

Le putschiste a connu un destin tragique. Dans son livre « Roger Lafontant ou la destinée tragique d'un fauve politique », Dr Gilot, passeur de mémoire de la première heure, souligne qu’il a été « abattu comme un chien galeux par un caporal qui venait la veille de recevoir de lui sept cents dollars pour payer l'écolage de ses enfants » (2013 : 23).

Dans les coulisses M. Lafontant aurait tenu des propos discordants au statu quo. Par exemple : « Attila n'entrerait pas dans Rome ! », en référence au vainqueur des élections du 16 décembre 90, M. Jean-Bertrand Aristide, âgé lors de 37 ans, qui devait prendre ses fonctions le 7 février.

Figure historique du duvaliérisme « pur et dur », il n’a jamais fait économie de son appartenance à cette doctrine qu’il qualifie de « lumineuse » dans une lettre de loyauté adressée à Jean-Claude Duvalier, après s’être démis de ses fonctions de ministre de l’Intérieur et de la Défense nationale, puis envoyé comme consul à Montréal.

(Veuillez retrouver ci-dessous la copie)

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