Mardi 28 Janvier, 2020

 « 6 stratégies pour s’adapter au changement climatique en Haïti »

© CCFD-Terre Solidaire

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L’augmentation des risques naturels s’observe dans le monde avec le phénomène de réchauffement climatique. Le territoire haïtien est notamment exposé aux effets néfastes de ce dérèglement. D’après des recherches effectuées en 2018, l’association haïtienne Concert’Action, partenaire du Comité Catholique Contre la Faim et pour le Développement (CCFD)-Terre solidaire – une ONG française – a révélé des « stratégies pour s’adapter au changement climatique », afin surtout de contre-attaquer la menace de l’insécurité alimentaire dans le pays.

Voilà comment s’adapter au changement climatique en 6 étapes en Haïti, selon Concert’Action :

1- Favoriser les cultures et les élevages à cycle court

Les cultures à cycle court ont un rythme de croissance qui favorise des récoltes régulières. Elles permettent ainsi de constituer des réserves plus conséquentes pour faire face à la destruction des cultures en cas de cyclone. Pour les activités d’élevage, l’association a opté pour la promotion de l’élevage de lapins. Avec un cycle de vie et de reproduction court, le lapin coûte peu aux familles tout en générant assez de revenus pour assurer leur subsistance.

2- Identifier des semences adaptées

La question de l’accès aux semences est un véritable défi. Des laboratoires locaux travaillent à la sélection de semences locales résistantes aux sécheresses et aux inondations. Cependant, certaines semences très intéressantes d’un point de vue nutritif, a fortiori dans un contexte d’insécurité alimentaire, ne peuvent être produites à Haïti, en raison du climat tropical du pays. C’est le cas des semences de choux et de carottes. Concert’Action s’emploie donc à faciliter l’accès des communautés locales à ces semences par l’importation.

3- Couvrir les sols avec des engrais verts

Concert’Action propose une transition de l’agriculture conventionnelle à l’agroécologie. Cela passe par l’adoption d’une vision écosystémique de l’agriculture. Il s’agit de favoriser un système agricole en boucle fermée où chaque élément de la biodiversité concourt à la prospérité des autres.

Les producteurs locaux sont encouragés à couvrir les sols avec des engrais verts. Ces plantes, que l’on ne sème pas dans le but de les récolter mais d’améliorer les sols, sont d’excellents fertiliseurs. Ils stimulent l’activité biologique des sols et ont également des propriétés de captation d’éléments nutritifs. En travaillant sur les associations entre engrais verts et cultures principales, il est possible d’améliorer les qualités nutritives de celles-ci.

En outre, leur présence est efficace dans la lutte contre certains nuisibles. L’herbe à éléphant [1] est ainsi utilisée à Haïti pour lutter contre les pucerons jaunes qui sévissent dans les cultures de sorgho (une céréale de base de l’alimentation).

4- Reboiser, notamment grâce à l’agroforesterie

Dans cette même démarche écosystémique, Concert’Action encourage l’agroforesterie : « Elle présente le double avantage de protéger les sols et de limiter la force des vents ». En associant cultures maraîchères ou céréalières et foresterie, les producteurs qui s’y engagent créent un écosystème vertueux. Les arbres puisent par leurs racines les nutriments les plus profondément enfouis dans la terre, avant de les restituer aux plantes basses lorsque leurs feuilles tombent sur celles-ci. De plus, les arbres ont prouvé leur utilité pour diminuer la force des vents. Les régions les plus boisées sont celles où les dégâts sont les moins importants en cas de grands vents. Par ailleurs, en creusant le sol de leurs racines, ils diminuent le ruissellement de l’eau et ainsi le risque d’inondations.

5- Reconstituer et protéger les mangroves

Détruit par les hommes ou détérioré par le réchauffement climatique, l’écosystème humide et boisé des mangroves est pourtant un vivier de biodiversité extrêmement riche, qui a une fonction régulatrice pour le climat. Il forme une barrière protectrice contre les vents et l’érosion côtière. Les populations peuvent également y faire de la production d’alevins (jeunes poissons qui peuvent être cuisinés ou utilisés pour repeupler les écosystèmes aquatiques).

6- Recréer du collectif

Concert’Action estime que « l’agroécologie n’est pas qu’une façon de cultiver la terre, c’est un véritable mode de vie ». Cela étant, les familles sont encouragées à se regrouper en associations.

Source : CCFD-Terre Solidaire

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