Mercredi 22 Novembre, 2017

5 ans de prison pour Kemi Seba ?

Photo: Page Facebook de Kemi Seba

Photo: Page Facebook de Kemi Seba

Kemi Seba est reproché par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) d'avoir brûlé un billet de 5000 FCFA au moment d'une mobilisation 19 août dernier à la place de l’Obelisque. Cette manifestation visait à exiger la suppression du Franc CFA. Le militant panafricain a été arrêté le vendredi 25 août 2017, vers 7 heures AM à son domicile de Dakar. 

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Suite à cette arrestation, l’activiste et initiateur de l’ONG Urgence Panaficaniste a été placé en garde à vue et sera jugé mardi 29 août 2017. Il est possible que ce dernier passe les 5 prochaines années en prison. A l’annonce de la plainte de la BCEAO, Kemi Seba a lui-même évoqué les conséquences que pourraient engendrer son acte  : « Je risque 5 ans mais j’assume pleinement cet acte que je considère comme un sacrifice si celui-ci permet de faire avancer le débat sur le franc CFA », a-t-il déclaré. 

Si cette arrestation est pour certains une mesure conforme à la loi, Hery Djehuty, considéré comme le numéro 2 de l’ONG  Urgences Panafricanistes, présidé par Kemi Seba depuis fin 2015, le voit plutôt comme une sanction à caractère politique. Selon lui, les services de la Division d’Investigation Criminelle (DIC), la super-police sénégalaise ayant procédé à l’arrestation de l’activiste s’occupent des hautes affaires de criminalité.  « Je ne savais pas qu’aujourd’hui s’attaquer à un symbole du colonialisme et vouloir plus de justice pour son peuple c’était se comporter comme un criminel », se plaint le plus proche collaborateur de Kemi Seba dans une entrevue accordée à La Nouvelle Tribune. 

Pour Hery Djehuty, brûler un billet de 5000 FCFA c’est certes perdre 5000 FCFA, mais c’est surtout brûler ce qui incarne un système de soumission et de servitude. « C’est un acte qui nous permet de nous libérer et de nous soustraire d’un système ». S’appuyant sur l’acte posé par le célèbre Mandela qui avait brûlé son laissez-passer sous l’apartheid, le conseiller politique de Kemi Seba juge que cela fait partie de ces actes historiques de transgression : « si vous considérez qu’une loi n’a pas lieu d’être, il est du devoir de chaque citoyen de poser les actes de la fin de la servitude ».

Outre ces interventions du numéro 2 de l’ONG, l’organisation Urgences Panafricanistes entend mettre en place de nouvelles stratégies pour soutenir leur leader. A cet effet, un nouveau hashtag « #liberezKemiSeba » a été créé au niveau de l’ONG. De surcroît, on a demandé aux internautes de soumettre des vidéos dans le but de manifester leur mécontentement face à la justice et d'apporter leur soutien à leur leader. Hery Djehuty encourage également les africains à faire comprendre aux autorités françaises et à la BCEAO que « pour un Kemi Seba enfermé, il y a des millions d’autres dehors et il faudrait créer des millions de prisons pour incarcérer tous ceux qui veulent protester contre cette monnaie »

En prélude du jugement de Kemi Seba fixé pour ce mardi 29 août, des conférences seront organisées entre lundi et mardi. L’ONG a déjà invité un maximum de gens à se rejoindre au tribunal pour assister le leader Kemi Seba, qui a été en Haïti en 2016, parler de son accueil, son combat et la position d’Haiti dans l’UA.

Note de l'éditeur : Nous avons omis d'insérer un point d'interrogation dans le précédent titre de cet article. Comme il est spécifié dans le corps du texte, Kemi Seba doit être jugé demain 29 aout.