Samedi 26 May, 2018

26 avril 1963, premier grand massacre du dictateur François Duvalier

Exposition de photos de quelques victimes du système répressif des Duvalier./ @AlterPresse

Exposition de photos de quelques victimes du système répressif des Duvalier./ @AlterPresse

Le 21 avril 2015, par arrêté présidentiel, le gouvernement haïtien avait déclaré la date du 26 avril : « Journée nationale du Souvenir à la Mémoire des Victimes de Fort Dimanche », en souvenir des massacres perpétrés dans le pays par le régime dictatorial de François Duvalier, 1963, et par les militaires au lendemain de la chute de la dictature en 1986.

Deux dates fatidiques pour le peuple haïtien : 26 avril 1963 et 26 avril 1986. La première rappelle les souvenirs funestes du massacre orchestré par le tyran Papa Doc devant les locaux du centre d’incarcération Fort Dimanche et la tuerie d’un nombre inconnu de personnes dans les rues de Port-au-Prince.

« Lors de cette opération sanglante, des maisons avaient été incendiées avec leurs occupants, des enfants enlevés, des familles entières arrêtées, torturées, tuées, disparues ».

La deuxième se rapporte au carnage provoqué par les thuriféraires du régime de Baby Doc après la destitution de leur saint Patron, le 7 février 1986. Ils ont tiré sur un groupe de personnes qui réclamaient justice en mémoire des victimes du massacre du 26 avril 1963.

La décision gouvernementale vise à « honorer la mémoire des victimes de ce massacre et toutes les victimes de Fort Dimanche », lit-on dans le communiqué. Durant cette journée, l’article 2 de l’Arrêté stipule que : le Drapeau National sera mis en berne ; les stations de radio et de télévision sont invitées à programmer des émissions et de la musique de circonstance ; les secteurs privé et public, les familles, les institutions scolaires, commerciales, religieuses et autres sont encouragés à observer des périodes de recueillement ».

Le 29 mars dernier, en plein anniversaire de la Constitution de 1987 amendée en 2011, la « Fondation Devoir de Mémoire » a adressé une correspondance au président de la République Jovenel Moise, en vue d’attirer son attention sur l’existence dudit Arrêté (voir ci-dessous) et l’obligation qu’il incombe à l’État qu’il dirige actuellement de faire respecter les dispositions prises à travers cet acte.

« Le pays n’a pu tourner ses regards vers ses héros, anonymes en grande majorité, qui ont consenti le sacrifice de leur vie, pour libérer la Nation du joug de la dictature », rappelle la circulaire.