239.000 ressortissants haïtiens menacés de déportation par la République Dominicaine

Au nom de l’arrêt 168-13 du 23 septembre 2013 de la Cour constitutionnelle dominicaine qui décide de dénationaliser plusieurs milliers de dominicains d’origine haïtienne.

C’est un sujet dont on parle rarement ces derniers temps mais qui n’est pas des moins urgents. « Les rapatriements des migrants haïtiens se poursuivent avec la même intensité durant toute l’année », a alerté Saint-Pierre Beaubrun, le coordonnateur du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Refugiés (GARR) ce mardi sur une station de radio de la capitale.

Pour l’année 2017, environ 239.000 ressortissants haïtiens en République Dominicaine sont menacés d’exportation à partir du mois de juin. Les concernés ne sont toujours pas enregistrés au Plan National de Régularisation des Etrangers. Il leur manque simplement les documents légaux.

La faute revient en partie à l’Etat haïtien qui n’a pas acheminé les papiers à  ces victimes, déplore monsieur Beaubrun. Entre-temps, « les migrants continuent de faire des mobilisations pour obtenir des documents pour lesquels ils ont d’ailleurs déjà payé leur argent. »

« Si rien n’est fait, ils seront en situation difficile », prévient monsieur Beaubrun qui sait très bien de quoi il parle. Car, entre janvier à décembre 2016, le GARR a déjà enregistré plus 65 570 rapatriés, comprenant ceux qui sont déportés de manière violente par les militaires, ceux qui sont rentrés au pays de leur propre initiative par la peur et  des enfants non accompagnés de parents.

Des chiffres, toutefois, qui ne sont que partiels. Car, des 140 points frontaliers, le GARR n’a pu couvrir que 50, selon ses capacités logistiques et financières.

Arrivés en Haïti, la galère se poursuit : il n’y a pas de programme d’accueil à la frontière, pas d’infrastructure de bas, pas de plan d’insertion sociale en faveur de ces milliers de rapatriés. Des problèmes qui peuvent aggraver leur situation socio-économique et la communauté. Preuve que les commissions mises successivement sur pied sous les présidences de Martelly et Privert pour traiter ce problème ont lamentablement échoué. 

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