Mercredi 20 Juin, 2018

23 produits interdits continuent d’entrer en Haiti, selon CODDEMIR

23 produits interdits continuent d’entrer en Haiti, selon CODDEMIR. Photo Crédit: Sin cortapisa

23 produits interdits continuent d’entrer en Haiti, selon CODDEMIR. Photo Crédit: Sin cortapisa

Le Collectif des organisations pour la défense des droits des migrants et rapatriés (CODDEMIR) dénonce le non-respect de l’interdiction émise en 2015 par le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), sur l'entrée par voie terrestre d'environ 23 produits dominicains sur le sol haïtien.

Il critique en même temps le laxisme des autorités haïtiennes face à cet état de fait qu’elles ne montrent aucune velléité de combattre, alors que l’Administration générale des douanes (AGD) avait, selon la note du MEF, autorisation de « procéder à la saisie immédiate de tout produit figurant sur la liste qui serait importé par un port autre que ceux autorisés ou par un bureau frontalier ».

Peu de temps après 1er octobre 2015, date de l’entrée en vigueur de cette mesure stipulant que les produits concernés ne pouvaient être importés que par voie maritime (à travers le port de Port-au-Prince ou de celui du Cap-Haïtien) et aérienne, « c’est exactement le contraire qui se passe », dit constater le Directeur du CODDEMIR Pierre Garot Néré, lors d’un entretien accordé à Loop Haiti.

Le militant conclut qu’au final, contrairement à ce qu’il croyait, ces mesures n’étaient pas « adoptées dans l’objectif d’un meilleur contrôle de qualité et en vue de mieux assurer la sécurité de la population », mais plutôt pour « écarter les commerçants de la classe moyenne, au bénéfice des grands barons du commerce de Port-au-Prince ».

« Ces détenteurs du monopole économique et commercial, sans aucune concurrence, fixent leur prix comme il leur semble bon de le faire », déplore le Directeur du CODDEMIR, espérant que les autorités vont lever cette interdiction.

« Ce n’est autre qu’une forme d’apartheid maquillé », martèle-t-il, affirmant « qu'environ 40 containers des mêmes produits interdits arrivent par la frontière par jour », ce qui souvent déclenche la fureur de la population frontalière haitienne qui, sans l’intervention des forces de l’ordre, aurait incendié ces camions.

Cet article sera mis à jour avec la réaction des autorités haitiennes