Samedi 4 Juillet, 2020

1er octobre: le référendum illégal qui a changé la Catalogne

Heurts entre la police catalane et des manifestants séparatistes à Barcelone, le 29 septembre 2018

Heurts entre la police catalane et des manifestants séparatistes à Barcelone, le 29 septembre 2018

Pour Jaume Casamitjana, ce fut un point de non-retour avec l'Espagne, pour Alexandra Lopez-Liz, le début d'une opposition active au projet indépendantiste: un an après le référendum illégal du 1er octobre, l'écart continue de se creuser dans la société catalane.

"Pour beaucoup, ça a été un point de non-retour", explique Jaume Casamitjana. "Ils ont voulu nous faire peur mais ça s'est retourné contre eux. Avant, les opinions divergaient beaucoup ici, mais aujourd'hui nous sommes plus unis et plus convaincus que jamais", affirme ce fonctionnaire de 58 ans.

Aidé par des voisins, il a décoré la place faisant face au centre sportif, rebaptisée "Place du 1er octobre", avec des drapeaux indépendantistes et des pancartes réclamant la libération des dirigeants séparatistes emprisonnés.

Le scrutin n'avait rien de régulier, mais 2,3 millions d'électeurs y ont participé, sur un total de 5,5 millions, 90% d'entre eux votant pour la sécession, selon le gouvernement régional, qui avait promis de déclarer l'indépendance dans les 48 heures.

"Les gens étaient très en colère, on s'est senti trompé" par des leaders indépendantistes pas assez préparés pour faire face aux conséquences du référendum, affirme M. Casamitjana. "Certains, qui paraissaient modérés, me disent aujourd'hui: +s'ils libèrent les (chefs indépendantistes) emprisonnés, nous devrions les enfermer nous mêmes pour trahison+".

"Il y a un an, nous pouvions négocier une solution, plus aujourd'hui", assure Santi Anglada, plombier de 54 ans. "Il y a un avant et un après le 1er octobre."

Pour Alexandra Lopez-Lis aussi, tout a changé le 1er octobre. Il y a un an, elle regardait avec désolation des dizaines de personnes occuper un bureau de vote dans un quartier riche de Barcelone: "Ca fait beaucoup de peine d'en être arrivé là", disait-elle alors à l'AFP.

Mme Lopez-Lis a fondé en novembre l'association "Aixeca't/Levantante" (Lève-toi) qui compte environ 500 membres.

Dénoncer la présence de symboles indépendantistes dans les bâtiments publics ou les églises, l'endoctrinement dans les écoles ou encore organiser des campagnes pour nettoyer les rues de la propagande indépendantiste... l'activisme de Mme Lopez-Lis est frénétique.

La lutte vise également la priorisation du catalan à l'école, dans les administrations et dans les médias publics, qui a pourtant fait l'objet d'un consensus pendant des décennies, même parmi les nombreux catalans originaires d'autres régions d'Espagne.

"Avant, les gens avalaient tout mais aujourd'hui, c'est terminé. Je pourrais parler catalan mais je ne veux plus", lance-t-il.

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