Vendredi 6 Décembre, 2019

18 novembre: trois personnes brûlées vives à Vertières

Cette photo sert uniquement d'illustration: AFP

Cette photo sert uniquement d'illustration: AFP

Alors que quatre personnes ont été blessées par balle dans la capitale ce 18 novembre, trois autres ont perdu la vie à Vertières, au Cap-Haïtien, dans des conditions horribles.

Trois personnes qui se trouvaient à l’intérieur d’un container abritant une boutique, ont été brûlées vives dans l’après-midi du 18 novembre 2019, "dans les périmètres de Vertières", selon les informations rapportées par plusieurs sources sur place dont le journaliste de Le Nouvelliste, Gérard Maxineau.

A la base de ce drame, un agent de sécurité travaillant dans la boutique "KOMA", abritée par le container en question, aurait fait feu sur des manifestants antigouvernementaux pour les disperser. Un adolescent a été touché à la tête et transporté d’urgence à l’hôpital, selon nos informations.

En colère, les protestataires ont riposté en mettant le feu au container. Trois personnes qui se trouvaient à l’intérieur sont mortes brûlées. Explications dans la vidéo ci-dessous. 

 

Dans la même journée, quatre autres personnes ont été blessées par balle à Port-au-Prince lors d'une manifestation de l'opposition à l'occasion de l'anniversaire de la bataille qui a mené Haïti à l'indépendance, événement fêté à minima par le président, conspué par une large partie de la société.

Deux manifestants ainsi qu'un journaliste d'une radio locale et un policier ont été blessés alors que plusieurs centaines de sympathisants de l'opposition défilaient sur un des axes majeurs de la capitale, ont observé les journalistes de l'AFP. De nombreux tirs ont été échangés sans que leurs auteurs ne puissent être identifiés.

Des manifestations répétées exigent la démission du président Jovenel Moïse depuis plus de deux mois. Début novembre, les partis d'opposition et des groupes de la société civile sont parvenus à un accord visant à organiser une transition politique: ils voudraient choisir dès que possible le futur président parmi les juges de la Cour de cassation et le prochain Premier ministre au sein des partis de l'opposition.

«Jovenel avait dit qu'il n'avait personne à qui remettre le pouvoir, mais le peuple a pris l'initiative et on a notre institution qui s'appelle la Cour de Cassation», clamait avant les incidents Phanel Jean-Louis, un manifestant marchant avec le drapeau national sur les épaules.

Dans la matinée, Jovenel Moïse a commémoré la bataille qui a mené le pays à l'indépendance, depuis la capitale et sous haute protection policière, sans se rendre sur le site historique.

«Des soldats, des va-nu-pieds, des esclaves se sont révoltés et se sont donnés leur indépendance mais, après 216 ans, je pense que la bataille pour l'indépendance économique doit commencer et c'est pour ça qu'il faut détruire ce système exploiteur», a déclaré Jovenel Moïse lundi matin sur le parvis du musée du panthéon national haïtien.

Chaque 18 novembre, Haïti célèbre la bataille de Vertières qui, en 1803, a vu la victoire de l'armée indigène sur les troupes napoléoniennes, prélude à l'indépendance de la première République noire de l'Histoire le 1er janvier 1804.

Situé à 240 km au nord de Port-au-Prince, le site de Vertières est traditionnellement le lieu des commémorations. Mais Jovenel Moïse qui n'a pas fait le déplacement s'est contenté d'un dépôt de gerbe de fleurs au musée qui jouxte le palais national, où s'est tenu un défilé militaire.

Les accès à la place du Champ de Mars où se situent musée et palais, étaient gardés par un important dispositif policier interdisant l'accès au public le temps des cérémonies. 

Plusieurs manifestations populaires exigeant le départ du pouvoir de M. Moïse ont également été organisées dans les villes de province lundi.

Majoritaires dans les manifestations, les habitants des quartiers les plus pauvres exigent d'autant plus la démission du chef de l'État que des entreprises qu'il dirigeait avant son entrée en politique ont été épinglées par la Cour supérieure des comptes comme étant «au cœur d'un stratagème de détournement de fonds».

La rédaction, avec AFP

 

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :