Dimanche 18 Novembre, 2018

17 octobre, une marée humaine à P-au-P pour dénoncer la corruption

Crédit Photo et vidéo: Gregory Jean PHILIPPE, RTVC

Crédit Photo et vidéo: Gregory Jean PHILIPPE, RTVC

Le président Jovenel Moise, accompagné de son épouse et du Premier ministre, a déposé une gerbe de fleurs au Pont-Rouge, à l'occasion du 212e anniversaire de l'assassinat de Jean Jacques Dessalines, Père fondateur de la Nation. Après cette visite, a débuté l'une des plus grandes manifestations anticorruption de l'histoire du pays.

Accompagné de la Première Dame de la République, Martine Moise, du Premier ministre, M. Jean-Henry Céant et des Représentants des Pouvoirs de l’Etat, j’ai déposé, ce mercredi 17 octobre 2018, une Gerbe de Fleurs au pied du Monument de Jean Jacques Dessalines le Grand. pic.twitter.com/GEZA4qHlNW

Des tirs nourris ont commencé à se faire entendre au moment même du départ difficile des cortèges des officiels venus commémorer la mort de ce Héros de l'indépendance haïtienne. Au moins un blessé dans le camp des agents des forces de l’Ordre contraints de se mettre à couvert, comme le montre cette vidéo du journaliste Luckson Saint-vil.

 

Comme annoncée depuis plusieurs semaines, une première grande manifestation contre la corruption et l'impunité a eu lieu en Haiti, notamment à Port-au-Prince, ce 17 octobre, à l'occasion du 212e anniversaire de la mort de Jean Jacques Dessalines. De nombreuses (dizaine, centaine de milliers?) participants, éparpillés en plusieurs branches, ont sillonné les rues de la capitale pour exiger un procès sur notamment le fonds Petrocaribe.

 

Ceci est le résultat des mobilisations entamées par des jeunes sur les réseaux sociaux depuis le 14 août 2018 avec le hashtag #PetrocaribeChallenge.  Cela ne s'arrête plus depuis la première manifestation organisée devant les locaux de la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA), le 24 août dernier. Les mouvements de protestations citoyennes se multiplient et rassemblent de plus en plus de gens dans de nombreuses villes haïtiennes et même à l'étranger au sein de la diaspora.

Aujourd'hui encore, les protestataires exigeaient un procès et la condamnation des dilapidateurs des fonds Petrocaribe, 3 milliards de dollars américains versés par le Venezuela à partir de 2006 à l’Etat haïtien via le programme PetroCaribe, un fonds qui était censé financer des projets de développements dans le pays. Jeunes et vieux, femmes et hommes sont sortis dans les rues, banderoles, maillots et pancartes, pour demander des réponses du pouvoir en place ayant à sa tête, Jovenel Moise qui se vante de faire du combat contre la corruption une priorité.

En cette date historique, dans la capitale et dans les villes de province (Saint Mars, Port-de-Paix, Cap-Haitien, Les Cayes), de nombreux citoyens ont manifesté contre ce qu'il considère comme un fléau empêchant le progrès et favorisant les inégalités sociales dans le pays. La plupart, des membres de l'opposition, réclamaient aussi le départ du chef d'Etat qu'il accuse de faire obstruction à la justice. 

De nombreuses casses ont été enregistrées durant cette journée qui se voulait pourtant pacifique. Les manifestants accusent les agents des forces de l'Ordre qui, à plusieurs reprises, ont fait usage de gaz lacrymogène pour dissuader la foule.

Toutefois, les Petrochallengers se disent satisfaits de cette journée historique. "Un succès", se félicitent certains. "On a besoin de mettre K.O. le système de corruption qui existe en Haïti", a dit la comédienne Gaëlle Bien-Aimé, l'une des militante dans le cadre du PetrocaribeChallenge, citée par le Nouvelliste.