Vendredi 20 Avril, 2018

16 jours d’activisme pour lutter contre la violence faite aux femmes

L’équipe de la campagne #16JoursActivisme. Photo: Jeho-Nephtey Abraham

L’équipe de la campagne #16JoursActivisme. Photo: Jeho-Nephtey Abraham

Parmi les épineux sujets qui suscitent un réel débat en Haïti, la violence à l’égard des femmes et des filles constitue une préoccupation profonde. Nombre de cris s’élèvent au quotidien pour dénoncer ces hommes tortionnaires qui massacrent femmes et filles, violant au grand jour leurs droits civils et politiques, sans pour autant s’attendre à une peine afflictive et infamante.

De cet état de fait, deux constats s’imposent : une société impassible aux affreux sévices que subissent ses femmes et ses filles et un gouvernement peu enclin à protéger les victimes et punir les coupables. Vouées à des obstacles structurels, certaines des victimes entreprennent isolément – parfois, aidées par des organisations de défense des droits humains – le chemin de la justice espérant aboutir à de grands résultats susceptibles d’influencer le cours des choses.

Depuis le 25 novembre dernier qui correspond à la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, se déroule dans toute la république une vaste campagne de sensibilisation pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. L’activité dénommée « 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes », prendra fin 10 décembre prochain, date qui correspond à la Journée des droits de l'homme.

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Une équipe de jeunes bénévoles s’active tous les jours pour visiter des établissements d’écoliers, animer et planifier des conférences-causeries, réaliser de petites vidéos avec des adolescents, participer à des émissions de radio et télévision en vue de faire un plaidoyer efficace en faveur des femmes et filles victimes de violence physique, symbolique, psychologique, entre autres.

Dimanche 3 décembre, toujours dans le cadre des activités de sensibilisation, une causerie portée sur la thématique « Ne laisser personne de côté : mettre fin à la violence contre les femmes et les filles », avec Célia P. Milord et Pascale Solage comme intervenantes, venait une nouvelle fois attirer l’attention sur la nécessité de combattre ce fléau dans la société.

Pascale Solage, militante féministe et responsable de l’organisation féministe Nègès Mawon, pointe du doigt la famille qui, selon elle, constitue certaines fois un foyer de violence symbolique ou le frère l’exerce à sa guise sur sa sœur, parfois sous le regard complice des parents. « Nous devons bannir toute forme de violence dans la société », soutient-elle.

Célia Milord, de son coté, a plaidé en faveur des enfants qui croupissent sous le poids de la domesticité subissant tout type violence. « Ces enfants sont dépourvus de défenseur, leur vulnérabilité même laisse la part belle aux violeurs », regrette-t-elle. L’initiative de ces 16 jours de mobilisation « manche longue » facilitera l’intégration d’autres personnes importantes dans la lutte pour l’éradication de la violence dans la société haïtienne, ajoute-t-elle.

Le co-coordonnateur de l’initiative, François Luigi, inscrit ces « 16 jours d’activisme dans la continuité d’une lutte amorcée par d’autres, mais l’histoire ne s’achève pas. Avec les outils technologiques et les réseaux sociaux, la sensibilisation devient plus efficace et véloce. » Soulignant à propos le caractère éducatif de l’initiative et la mise au jour de ces deux hashtags #16JoursActivismeHaiti #CampagneOrange qui permettront de répondre dans l’instantané à tout appel du genre.

A l'échelle mondiale, l’ONU invite les gouvernements à appliquer des réformes juridiques alignées sur les normes internationales pour sévir avec extrême rigueur contre ces violateurs de droits humains. Ainsi qu’au préambule de la Déclaration sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes de 1993, est-il stipulé que : « la violence à l’égard des femmes constitue une violation des droits de la personne humaine et de ses libertés fondamentales. »

L’équipe se compose de huit personnes, dont cinq intervenants, deux photographes et un graphiste. En voici leur nom respectif : François Luigi Claudio Franchini, Kathleen Jean Charles, Georgy Lundi, Staël Nirvana Antoine, Fabigaelle Liboiron, Jean Carlos Mesy (photographe), Jého-Nephtey Abraham (photographe) et Michel-Ange Bauvois (graphiste).

Websder Corneille