Jeudi 23 May, 2019

Haiti: 118 cas de décès enregistrés dans les prisons en 10 mois

Haiti: 120 cas de décès enregistrés dans les prisons en 10 mois / Photo: AFP

Haiti: 120 cas de décès enregistrés dans les prisons en 10 mois / Photo: AFP

Le réseau national de défense de droits humains, a une fois de plus, tiré la sonnette d’alarme sur les mauvaises conditions de détention dans les centres carcéraux du pays. Outre les mauvaises conditions d’incarcération, l’absence des soins médicaux et une alimentation totalement déséquilibrée sont les causes de près de 120 cas de décès enregistrés dans les différents centres carcéraux du pays au cours de la période allant de janvier à octobre 2018, selon un rapport de RNDDH. L’organisme de défense des droits humains, dans ce document, présente un tableau noir du système carcéral haïtien.

« 37% des bâtiments accueillant les centres carcéraux sont vétustes et inadaptés avec des cellules très sales. Les prisons reçoivent 3 fois plus que  leur capacité. La majorité d’entre elles n’ont pas de lits ou ne possèdent pas des matelas en nombre suffisant, portant les détenus, notamment ceux des centres carcéraux des régions reculées, à dormir à même le sol, sur des morceaux de carton, des tissus, des tapis ou des draps fournis par les membres de leur famille, écrit le RNDDH dans son rapport de 23 pages.

En ce qui concerne l’alimentation, le RNDDH fait remarquer que la nourriture distribuée aux détenus a considérablement diminué. Ils reçoivent un plat par jour, déplore le RNDDH.

Durant les 14 dernières années, les autorités font montre d’une incapacité à combattre le phénomène de la détention préventive  prolongée. En effet, 75.05% des prisonniers attendent que les autorités judiciaires se prononcent sur leur sort. Sur au  moins 814 prisonniers recensés dans 11 centres de détention, seulement 24.93  sont condamnés. Au moins 236 d’entre eux n’ont pas encore reçu leur dispositif de jugement, selon l’organisme des droits humains.

Le RNNDDH s’est également penché sur les conditions de détention au niveau de 3 commissariats transformés en prison depuis 2004. Dans ces espaces, le même constat que dans les prisons s’impose. C’est le surencombrement cellulaire, l’insalubrité et la privation des droits des personnes emprisonnées.

Face à ce constat, le réseau national de défense des droits humains recommande aux autorités de la justice d’équiper les infirmières des prisons en matériels de fonctionnement et en médicaments, d’organiser régulièrement des audiences correctionnelles et  criminelles et de renouveler à temps, en diversité et en quantité suffisante les stocks de nourriture de manière à offrir au moins deux repas par jour aux prisonniers et prisonnières.

Recevez gratuitement les dernières nouvelles d'Haïti et d'ailleurs directement sur votre téléphone en téléchargeant l'App de Loop News :