Jeudi 23 May, 2019

1 mort au Bicentenaire, un ex-commissaire accuse des parlementaires

L’ex chef du Parquet de Port-au-Prince, Me Me Lucmane Dellille. / Photo (archives) : HPN

L’ex chef du Parquet de Port-au-Prince, Me Me Lucmane Dellille. / Photo (archives) : HPN

Ce week-end, Portail Léogane, particulièrement dans la localité Site Plis à quelques pas du Théâtre national d’Haïti (au Bicentenaire), était l’espace de tous les dangers.

Dimanche après-midi, des tirs nourris ont été entendus suite à l’assassinat, par des présumés bandits d’un laveur d’autos, accusé d’être un informateur d’un gang rival dénommé « Base Pilate », située à 2e avenue Bolosse.

Le directeur départemental de l’Ouest de la Police nationale d’Haïti (PNH), Berson Soljour a esquivé, ce lundi sur Vision 2000, le lexique « affrontements entre gangs » pour un autre, plus édulcoré, « tirs sporadiques ».

Le commissaire divisionnaire est au courant que des notes vocales très menaçantes sont en circulation sur les réseaux sociaux depuis plusieurs jours. Toutefois, voulant probablement jouer la carte de la précaution, il avoue l’incapacité de la PNH à vérifier la chronologie de ces vidéos.

« Beaucoup d’armes à feu sont en circulation dans ces zones », reconnait le patron de la DDOPNH, avant d’ajouter que la PNH a déjà pris des dispositions pour mettre hors d’état de nuire ce groupe.

Il conclut que l’institution policière adopte la stratégie du travail d’investigation avec des leaders communautaires sur place, au lieu d’appliquer uniquement la logique de la force.

« Des bandits en connivence avec des parlementaires »

Point de vue conforme à celui de l’ancien commissaire du Gouvernement, Me  Lucmane Dellille qui appelle à la collaboration active de la population des zones indexées. « Sans l’assistance de la population, la police ne pourra rien faire ».

« Certains de ses gangs détiennent leur propre chaloupe », explique, perplexe, l’ex-chef du Parquet de Port-au-Prince.

Il se souvient encore de quelques opérations menées à l’époque où il a été commissaire du gouvernement à Port-au-Prince (30 octobre 2012- 20 aout 2013). « Parfois, nous pouvions découvrir des ossements frais et des parties de corps humains », relate-t-il.

Pire dans tout cela : c’est la connivence entre les bandits et certains élus, regrette ce dernier. « Ce n’est plus un secret de polichinelle ! Des candidats se servent de ces malfrats pour s’accaparer du pouvoir ».

Parfois, les bandits ne purgent pas leur peine en raison du fait qu’ils sont protégés par des élus locaux, accuse-t-il.

« À l’intérieur du Village de Dieu, en face des centres Gheskio, un gang hyper puissant opère », informe Me Dellille. Il pense que « L’État doit prendre très au sérieux Grand Ravine, Site Plis, et autres repaires dans lesquels les bandits sèment la terreur à tout bout de champ ».

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